Chroniques du regard 2016-2017 – Glory – Shay Kuebler Radical System Art

Publié le 20 mars 2017 par Mario Veillette
Glory - Photo: David Cooper

Photo: David Cooper

Le danseur et chorégraphe Shay Kubler, que l’on a vu danser récemment dans Monumental au Grand Théâtre et dans la programmation de La petite scène au Cercle, présente sa deuxième chorégraphie de groupe intitulée Glory. Son équipe scénique est composée de six danseurs installés à Vancouver qui travaillent ensemble sous le vocable de Radical System Art. Le spectacle d’une heure sera présenté au Musée national des beaux-arts du Québec.

GLORY c’est pour vous si vous aimez les danses urbaines et les danseurs athlétiques.

GLORY c’est pour vous si vous aimez l’esthétique courante et actuelle de la danse contemporaine.

GLORY c’est pour vous si vous voulez réfléchir sur l’omniprésence et la glorification de la violence dans la vie des jeunes, transmise par les images des jeux vidéo.

Comme plusieurs jeunes de sa génération, Shay Kuebler a grandi et toujours vécu dans un univers peuplé de jeux vidéo et d’œuvres de fiction habitées d’une certaine violence fictive. Dans son imaginaire d’enfant, il s’est souvent lui-même identifié aux héros des bandes dessinées et dessins animés qu’il fréquentait. Très tôt, il a toutefois réussi à canaliser cette énergie par une pratique assidue des arts martiaux et de la danse, jusqu’à en faire un métier.

Sa danse, ses chorégraphies et son enseignement de la danse sont très athlétiques et sans compromis face à la dépense d’énergie, à l’investissement physique et mental ainsi qu’à l’intégrité demandée aux danseurs. La pratique des arts martiaux (Kung Fu style Shaolin, Karaté style Shito-ryu, Capoeira, Tai chi et Qigong) est un élément clé de son entrainement ainsi que de celui de ses interprètes ou étudiants. Découlant de films d’actions, de dessins animés et de jeux vidéo, l’esthétique de combats simulés est ainsi retrouvée dans certaines sections du spectacle Glory.

L’élément de dépense physique extrême est aussi présent dans certaines portions du spectacle, autant dans les mouvements de groupe que par l’utilisation de harnais tels que ceux utilisés par les cascadeurs qui tournent des films d’action. Par les cordes rattachant deux ou plusieurs individus, ces liens physiques permettent à une personne d’avoir un impact direct sur une autre tout en étant éloigné d’elle. Dans la chorégraphie de Kuebler, ce type de liens implique et démontre une certaine violence relationnelle et un contrôle auquel la « victime » ne peut échapper.

Le chorégraphe utilise plusieurs images de ce type tout au long du spectacle, présentant différents types de violence ou de comportements impliquant la violence entre individus. Pour avoir présenté Glory à différents publics, Kuebler reconnait en entrevue que la réception de ces images diffère entre le jeune public et les adultes. Il constate que le public adolescent accepte de facto toute cette imagerie alors que le public adulte reste plus critique, voire un peu réticent face à la glorification de cet aspect de la réalité de la vie en société. Ce qui démontre bien, selon le chorégraphe et son hypothèse de départ, que la fréquentation de cette imagerie tend à désamorcer la violence par son omniprésence.

Les œuvres chorégraphiques de Shay Kuebler sont encore peu nombreuses mais ont toutes été reçues avec succès dans différentes villes à travers le pays (Glory et Telemetry, sa troisième chorégraphie de groupe, sont présentement en tournée canadienne). Avec ses collaborateurs de Radical System Art (RSA), il utilise régulièrement les réseaux sociaux afin de partager son processus de création à travers un VLOG qu’il nourrit assidûment lors de ses différentes sessions de travail. Ces vidéos reportages, souvent faits quotidiennement par les personnes impliquées dans le processus de création, sont la version vidéo des blogs retrouvés ailleurs. Quelques exemples des vlogs concernant différents projets chorégraphiques se retrouvent ici : RSA Push Off Festival, RSA Making Progress  ou RSA Fruits of Vernon.

Pour Kuebler, cette approche très actuelle et qui rejoint directement le public permet une entrée en matière du sujet de ses chorégraphies et un contact préliminaire entre lui et son public. À travers ce contact privilégié, utilisant des moyens modernes et préférés des jeunes, sa démarche de création devient ainsi de plus en plus accessible.

Critique de Glory

“ Clearly, these folks are preparing for physical extremes—but not just the athletic mix of martial-arts– and street-tinged contemporary dance Kuebler is known for… His new work, Glory, takes on the rising amount of violence in our world and media. When the rehearsal begins, it’s a vision of six bodies pushing in and exploding out, tackling and tangling…

 …athletic mix of martial-arts and street-tinged contemporary dance…” Source: Janet Smith, Georgia Straight

Liens externes

Pour d’autres œuvres du chorégraphe:

SHAY KUEBLER CHOREOGRAPHY DEMO REEL, 2013.

Feast on Famine trailer, 2015.

Pour suivre le chorégraphe sur son site web, sur Facebook et sur Twitter.

 

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