« Bleu. » d’Yvann Alexandre, par Danser canal historique

Publié le 10 janvier 2018 par Valérie Roussel

Yvann Alexandre s’est imposé depuis ses débuts en 93 comme le représentant d’une danse abstraite, porteuse d’élégance, Bleu. sa dernière création ne déroge pas à la règle. À découvrir à la MPAA dès le 30 novembre.

Yvann Alexandre est un chorégraphe qui explore la fragilité intérieure, et organise ses chorégraphies comme une calligraphie de l’intime. Sa gestuelle, très en retenue, en délicatesses, mais d’une précision acérée, entrelace chaque détail du  mouvement comme on travaillerait la dentelle. Bleu. Se concentre peut-être dans ce petit point qui clôt le titre par un choc.

 

« Bleu. » d’Yvann Alexandre © Fabrizio Clemente

Avec une équipe très féminine (cinq femmes pour deux hommes), Bleu. développe une énergie masculine, combative, haletante. Une œuvre qui se pose dans un silence inquiétant, que seuls viennent troubler de rares fragments musicaux, fantomatiques, d’où sourd une émotion palpable.

« Bleu. » d’Yvann Alexandre © Fabrizio Clemente

Pièce charnelle et baroque, Bleu. renvoie à l’instinct, dans ce qu’il a parfois d’animal, suggéré par le bruit des corps en mouvement et les regards fiévreux. Chaque son convoqué – le goutte-à-goutte de l’eau, les éléments qui se déchaînent, le cri des oiseaux… – participe à cette forme de transe que côtoient des moments d’apaisement : instants silencieux ou bien magnifiés par la musique de Bach, Schubert et Couperin.

« Bleu. » d’Yvann Alexandre © Fabrizio Clemente

« Créer, c’est à mon endroit proposer une vision, un point de situation spécifique, un retour sur le monde, chercher une émotion profonde, écrire et questionner sans cesse l’Humain et un alphabet gestuel, construit pas à pas. », explique le chorégraphe, qui se dit fidèle à une danse abstraite mais préméditée, loin des performances et des improvisations. Yvann Alexandre cherche surtout à extraire l’essentiel d’une émotion, et à écrire une histoire et à partager la possibilité d’un voyage « où la danse sera celle d’un auteur… romantique, ce que je suis. Contemporain et romantique ».

 

Lisez l’article de Agnès Izrine pour Danser canal historique, nov. 2017, ici.

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