Mois Multi: le ralentissement et la destruction comme solutions

Publié le 11 février 2018 par Valérie Roussel

Pour une troisième édition de suite, le Mois Multi, festival d’arts multidisciplinaires et électroniques de Québec, s’anime autour de l’idée de transformer un monde mal en point. La thématique du « réenchantement » proposée par la commissaire invitée Ariane Plante a pris plusieurs tons depuis 2016, entre l’inquiétude et la candeur.

À mi-chemin, le Mois Multi 2018, lui, se veut sinon salutaire, un brin optimiste. Non sans oser parfois être radical, voire violent.

Le ralentissement et la destruction sont quelques-unes des voies empruntées par les artistes à l’oeuvre en cette deuxième semaine de festival. Le programme étant toujours aussi vaste et irrégulier, entre des performances de deux soirs et des installations à durée variable, notre survol ne peut être que fragmentaire.

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Côté spectacles

Con grazia, le spectacle performatif que présentaient Martin Messier et Anne Thériault cette semaine, avait tout de l’oeuvre exutoire. Armés de marteaux, les deux artistes (lui, compositeur et vidéaste, elle, chorégraphe et interprète) s’en donnent à coeur joie dès les premières minutes en détruisant boules de verre, pommes, oeufs et même un melon très odorant.

Si leurs actions sombraient parfois dans le gaspillage éhonté, la performance sonore (et électrisante) et visuelle (et animée de projections d’ombres) finit, dans son ensemble, par être portée par un geste réparateur. La chose est particulièrement révélatrice quand la musique électronique cède la place à la mélodie descendante et profondément mélancolique du Cantus in memoriam Benjamin Britten d’Arvo Pärt.

Comme l’oeuvre du compositeur estonien, Con grazia exprime des remords. Sur le plancher de la salle Multi du complexe Méduse, c’est une civilisation consommatrice et de plus en plus robotisée qui nous hante. La fin proposée par Messier et Thériault laisse néanmoins une lueur d’espoir. Un service en porcelaine a survécu.

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Lisez l’article complet de Jérôme Delgado, dans Le Devoir, le 10 février 2018, ici.

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