Danse macabre à la mexicaine / La jeune chorégraphe Élodie Lombardo embrasse un ambitieux projet de création interculturelle

Publié le 20 septembre 2008 par La Rotonde

Article de Lili Marin paru dans ledevoir.com le 20 septembre 2008

Ganas de vivir - photo Jacques Grenier

Ganas de vivir, mise en scène d’Élodie Lombardo

Mille fois trop gros pour la taille de sa compagnie, Les soeurs Schmutt, qu’elle dirige avec sa jumelle, le bateau dans lequel s’est embarqué la Québécoise d’adoption Élodie Lombardo ne risque pas d’échouer, grâce à la complicité de Danse-Cité et de La Compañia de Danza y Arte Escénico de Colima. Ganas de vivir, une pièce pour huit interprètes (québécois et mexicains) mêlant danse, théâtre et chant, français et espagnol, prend l’affiche à Montréal avant de se transporter dans plusieurs villes mexicaines.

 

Fusion d’éléments

En 2006, une semaine après son retour du Mexique, où elle avait présenté Blouskaille olouèze et donné deux semaines d’ateliers, Élodie Lombardo avait l’idée — et le titre — de ce spectacle sur le rapport à la mort, tel qu’il est envisagé par les compatriotes de Frida Kahlo. Une année de montage financier plus tard, elle retournait, en octobre dernier, dans le pays qui l’avait bouleversée. Ses interprètes la rejoignaient en décembre, puis c’était au tour de son compositeur, Guido del Fabbro (également violoniste de Pierre Lapointe) et de sa scénographe Marie-Ève Lemieux.

La création s’est poursuivie à Montréal, malgré les ennuis de visas de l’une des danseuses. Les soeurs Schmutt ont eu la chance de bénéficier de la première résidence de création offerte à une compagnie de danse par Studio Bizz, et la malchance de voir un de ses danseurs se blesser au pied. Cela a forcé la chorégraphe à préciser son rôle, celui de la Caterina, figure symbolisant la mort «toujours en train de se marrer». Car, au Mexique, on rigole avec la mort, a découvert Élodie Lombardo, qui a pu y vivre la fête des morts. Au cours de cet événement rassembleur, qui a lieu au cimetière avec des mariachis, on grignote des crânes en sucre et on écrit des épitaphes pour ses amis. Une façon moins dramatique d’aborder l’inéluctable. «Ça met tout le monde, riche ou pauvre, chanceux ou malchanceux, sur un pied d’égalité», dit-elle.

Cette sérénité a plu à la chorégraphe qui aujourd’hui, à force de parler de la mort, a cessé d’y penser tout le temps. «Sans être une angoissée de première, je crois que cette pensée impulse une vie où rien n’est acquis.» En termes chorégraphiques, cette préoccupation se traduit par un important travail sur le poids. Il s’agit de savoir jusqu’où aller dans l’abandon, tout en restant assez tonique pour rendre possibles les manipulations lors des duos ou des mouvements de groupe.

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