Compagnie Flak: en studio avec José Navas

Publié le 21 novembre 2009 par La Rotonde

Article D’Anabelle Nicoud paru dans cyberpresse.ca le 21 novembre 2009

S - José Navas - photo Micheal Slobodian

José Navas offre une mise à nu physique, et aussi intellectuelle, puisque les visages des danseurs donnent à voir une partie de leur intériorité ou de leur intimité. C'est l'aboutissement, pour le chorégraphe, de la recherche «intérieure» du mouvement.

José Navas revient à Montréal avec la première montréalaise de S. S comme simplicité, S comme Satie. Le chorégraphe et danseur, épris d’épure et de silence, amène huit danseurs la Compagnie Flak à se mettre à nu, face au spectateur, dans une pièce portée par Erik Satie et la pianiste Claire Chevallier.

C’est dans un joyeux brouhaha que l’on arrive chez Flak, au troisième étage d’un immeuble de la rue Sainte-Catherine. Au centre du studio, les danseurs se mettent peu à peu en ordre. Le silence se fait, et c’est le chorégraphe, assis face à eux, qui donne le départ: «… and lights».

S démarre sans musique. Satie arrive plus tard, doucement, une fois que les danseurs occupent tout l’espace. «Mon but, c’est qu’une pièce fonctionne en studio, sans costume, et en silence», dit plus tard José Navas. Ce sont les respirations, de plus en plus fortes, et le bruit des pas qui donnent selon Navas le tempo, plus que les notes de musique elles-mêmes.

«C’est quelque chose qui me fascine beaucoup de regarder les danseurs danser en silence. Normalement, on associe la musique à la danse, mais j’aime que le mouvement comme tel soit la musique. Les respirations sont des tempi et sont déjà la structure», explique-t-il.

D’abord danseurs isolés et ordonnés, les huit interprètes évoluent vers des tableaux de groupes. Duos, trios, pas de deux: les interprètes quittent la scène, et reviennent ensuite, délestés peu à peu de leurs vêtements. D’abord le haut, puis le bas: une façon de donner à voir au spectateur le corps dans l’effort. S culmine avec une marche presque méditative, organique, des huit interprètes, qui avancent lentement, yeux clos.

«Si on ferme les yeux, on bouge d’une façon intuitive. Juste de marcher lentement avec les yeux fermés donne cet espace pour aller plus loin. On respire simplement, on donne aussi l’occasion au spectateur de regarder huit instruments qui nous ont fait voir des choses pendant une heure. Ce dernier tableau est la pièce pour moi: il y a une simplicité, et beaucoup d’humanité», détaille Navas.

Lire la suite sur cyberpresse.ca
Voir la page de S

Publié dans | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire