Du gâteau / L’Agora de la danse présente S’envoler d’Estelle Clareton, la critique

Publié le 17 septembre 2010 par

Article de François Dufort paru dans dfdanse.com le 17 septembre 2010
S'envoler - Esther Rousseau-Morin - Photo Ben Philippi
Ce jeudi, à l’Agora, je m’attendais certes à voir une pièce réussie, mais je ne m’attendais pas à ce que S’envoler d’Estelle Clareton soit aussi génial. Voilà un début de saison de bon augure.

Ces dernières années, en matière de danse à Montréal, on m’a le plus souvent montré des créations exploratoires, multidisciplinaires, multimédiatiques, high teck, low teck, performatives… Toutes, selon leurs divers créateurs, étant évidemment à ranger dans la catégorie “danse avant-gardiste”. En général, ces créations comportaient peu de matériel chorégraphié, souvent même aucun. J’ai parfois eu l’impression que l’appellation danse était devenue une grosse poubelle dans laquelle on balançait tout et n’importe quoi. L’avant-garde actuelle, cela fait dix ans qu’on me la sert à toutes les sauces, j’en fais l’expérience chaque semaine et j’en ai marre. Alors, quand on me fait la surprise de m’offrir une œuvre chorégraphiée, ludique, bien ficelée et bien interprétée, je jouis !

D’emblée, dès le début du spectacle, il apparaît évident que S’envoler a bénéficié de nombreuses heures de travail en studio et en résidence de création. L’œuvre est tricotée serré, pas une maille n’est lâche. Douze danseurs sur scène, constamment en déplacement, souvent indépendamment les uns des autres, augmente le risque de collision, le multiplie par dix, et je n’en ai pas vu. Les danseurs ont donc eu amplement le temps d’intégrer leurs “cues” et ceux-ci sont nombreux !

Le phrasé chorégraphique d’Estelle Clareton pour S’envoler est inspiré du mouvement des oiseaux. Un phrasé clair, facilement lisible. Danseurs en position d’envol ou agglutinés en tas comme des pigeons, la tête sur l’épaule d’un voisin ou d’une compagne. Le spectateur comprend tout avec aisance.

L’œuvre a été construite en faisant appel à toutes les permutations rendues possibles par le grand nombre de danseurs; mouvements d’ensemble synchros ou en actions multiples, duos simultanés, six à la fois, deux, un seul, solos pendant que le groupe se déplace… Le regard du spectateur est constamment sollicité par toutes ces actions, par tant de détails dans la trame de cette proposition.

Le phrasé de Clareton, outre celui qui a été inspiré par la gent ailée, fait aussi appel dans sa construction aux gestes du quotidien, ce dont la chorégraphe a l’habitude. En résulte une danse personnelle dont les mouvements ne sont ni formels ni trash. Un vocabulaire original qu’elle maîtrise à la perfection.

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