Émergences chorégraphiques: empreintes fugaces

Publié le 7 décembre 2011 par La Rotonde

Article de Josianne Desloges paru dans Le Soleil, le 7 décembre 2011

Émergences chorégraphiques 2011 - Torie-Lorie - Jean-François Duke - Ève Rousseau-Cyr - Sonia Montminy - photo Le Soleil, Caroline Grégoire

https://www.cyberpresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/sur-scene/201112/06/01-4475299-emergences-choregraphiques-empreintes-fugaces.php

(Québec) Que faut-il pour laisser sa marque? Pour traduire en gestes et en souffle son univers intérieur, sa sensibilité, et que le résultat laisse une trace tangible dans la mémoire du spectateur? La question nous reste en tête au sortir d’Émergences chorégraphiques, qui rassemble de courtes oeuvres de six jeunes chorégraphes à l’occasion du festival Relève en Capitale.

 

La création chorégraphique est fugace et souvent, dans ses balbutiements, imprécise, mais c’est le discours dansé d’une identité qui se forme, qui crie, qui chuchote.

Torie-Lorie de Jean-François Duke dépeint une cohabitation entre deux soeurs, deux jumelles, ou deux facettes d’une même femme. On reconnaît une certaine influence d’Harold Rhéaume dans le geste large, quotidien, avec beaucoup d’élan et quelques relâchements. La pièce porte une certaine angoisse, ce qui ne suscite pas nécessairement l’enthousiasme, mais le travail amène une réflexion sur l’être humain, ici et maintenant. Même impression avec Cycles, d’Andrée-Anne Giasson, un autre duo féminin plus vif et plus ondoyant, perclus de gestes inachevés.

Démonstration fluide

La séduction? de et par Jade Marquis offre une thèse un peu plus robuste. Elle débute par un numéro sensuel, coquin et empreint d’une belle naïveté, puis reprend la chorégraphie avec le sourire, les regards et les manières d’une effeuilleuse (sur Rainy Drain Women de Bob Dylan) pour terminer sur des gestes et des secousses carrément sexuelles, voire pornos. La démonstration est fluide, nuancée, complète, mê­me si elle n’est pas complètement neuve.

Stag 2, de Maryse Damecour, témoigne d’une personnalité chorégraphique déjà forte. Inspirée par la construction identitaire et la mémoire, Damecour nous présente, au son et à la lumière d’un projecteur de diapositives, des images dansées entre l’immobilisme et le mouvement, qui donnent parfois le petit frisson qu’on aime tant dans une salle de spectacle. À suivre avec attention.

À la fois invitant et décousu, le solo Anaïs de et par Christine Laguë mélange quelques touches pop et un univers sensible fragmenté. On ne sait trop s’il aurait fallu accentuer les contrastes ou mieux lier le tout, mais le courant passe difficilement.

La soirée se termine avec un trio explosif, Intime de Caroline Drolet, tribal et théâtral. On apprécie que le rythme l’emporte rapidement sur une bande sonore de chuchotements existentiels, que la poudre de céréales (!) constitue au fil des mouvements une constellation sur le plancher, que les corps bondissent, se traînent et se nouent.

Tous les soirs à 20h jusqu’à samedi au studio d’essai de Méduse

Source : Le Soleil, Josianne Desloges

 

EC 2011 - Christine Laguë - photo Patrick Matte

 

Voir la page du spectacle Émergences chorégraphiques 2011

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