el12: flamenco du temps présent

Publié le 14 février 2012 par La Rotonde

Article de Richard Boisvert paru dans Le Soleil le 11 février 2012

el12 est une pièce unique qui trouve son origine dans l'élément fondateur du flamenco, c'est-à-dire le rythme à 12 temps. Douze temps dans le flamenco, 12 mois dans l'année, 12 heures sur l'horloge.

(Québec) Myriam Allard a passé son enfance à Québec. Hedi Grajal a grandi sur deux continents, un pied en Tunisie, l’autre en France. C’est en Andalousie, pays de leur passion commune, qu’ils se sont rencontrés.

Elle danse, lui chante. Ensemble, ils partagent une vision très contemporaine du flamenco. Leur compagnie a pignon sur rue à Montréal. Elle est née en 2006 et s’appelle La Otra Orilla, «L’autre rive» en espagnol. Ce nom exprime d’une part l’éloignement géographique de l’Espagne et, d’autre part, la distance qui existe entre leur travail de création et la tradition. Derrière La Otra Orilla, il y a l’idée de la nouveauté, d’un voyage, d’une quête non pas inaccessible, mais dont les proportions se comparent, si vous voulez, à la vaste étendue de l’Atlantique.

De fait, el12, la production à l’affiche à la Bordée à l’occasion de la saison de La Rotonde, la semaine prochaine, est une pièce unique en son genre. Elle trouve son origine dans l’élément fondateur du flamenco, c’est-à-dire le rythme à 12 temps. Douze temps dans le flamenco, 12 mois dans l’année, 12 heures sur l’horloge. À partir des cycles de la vie courante, les deux complices ont laissé leur créativité s’exprimer, voire délirer. L’oeuvre a reçu des éloges lors de sa création à Montréal en 2010.

Dans ce spectacle, dont la critique a souligné l’intelligence et l’invention, la voix de Hedi Graja, le jeu des guitaristes Caroline Planté (qui signe également la musique) et Robert Benson et celui du percussionniste Éric Breton accompagnent en direct la chorégraphie de Myriam Allard. La présence des musiciens sur scène se fait d’autant plus sentir que ceux-ci sont en constant mouvement.

Vidéo en appui

Un dispositif de projection vidéo conçu par une conceptrice de Québec, Geneviève Allard (aucun lien de parenté avec Myriam), et des éclairages conçus par Laurent Routhier encadrent en quelque sorte l’ensemble.

Cela dit, la vidéo ne se contente pas d’habiller la scène, elle participe à la narration, de façon parfois abstraite, parfois figurative. Comme la musique, elle vient appuyer les ambiances ou créer des contrastes pour donner à chacun des tableaux une couleur propre et une essence différente.

Myriam Allard joue également un rôle important dans la bande sonore. «Un danseur de flamenco est obligatoirement un musicien, explique-t-elle, puisqu’il participe à la partition musicale à l’aide de ses pieds. On cherche une virtuosité, une intensité, on peut exécuter des crescendo, des diminuendo, bref, tout ce qu’on peut imaginer.»

Reste que La Otra Orilla interprète cet art d’une manière très personnelle. C’est dans l’ordre des choses. Comme la pratique du tango ou du jazz, celle du flamenco a cessé d’être exclusive aux natifs de l’Andalousie. «En Espagne, où j’ai vécu plusieurs années, j’ai rencontré plus de Japonaises que d’Espagnoles dans les classes de danse, note Myriam Allard. Le flamenco devient de plus en plus universel. Il y a de plus en plus de non-Espagnols qui ont quelque chose à dire et à apporter. Ça s’ouvre tranquillement.»

Vous voulez y aller?

Quoi: el12

Qui: La Otra Orilla, Myriam Allard et Hedi Graja

Où: Théâtre de la Bordée

Quand: du 15 au 17 février à 20h

Billets: 37$ ou moins

Billetterie de La Bordée: 418 694.9721

 

Source : Le Soleil, Richard Boisvert

 

 

Voir la page du spectacle el12

Publié dans | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire