Fluide au Grand Théâtre

Publié le 12 décembre 2012 par La Rotonde

Article de Julie Pelletier, parue dans Info-Culture, le 12 décembre 2012

«Le Fils d’Adrien danse, une compagnie fondée par Harold Rhéaume en 1999, se fait l’écho d’un art de moins en moins marginal à Québec par ses créations à grand déploiement accessible au public néophyte. Ça a été le cas notamment de deux spectacles déambulatoires qui ont attiré une foule de curieux, de touristes et de passionnés. Fluide, la dernière création du fondateur et chorégraphe Rhéaume, est coproduite par le Festival Danse Canada, La Rotonde (Québec), le Grand Théâtre de Québec et l’Agora de la danse (Montréal). Elle met en scène sept danseurs qui portent des vêtements griffés, urbains et sobres, créés par Philippe Dubuc. Elle est présentée du 11 au 13 décembre 2012 au Grand Théâtre de Québec.

Fluide brosse le tableau des rapports qui se tissent ou se détissent entre les individus et notre société. Elle décrit nos relations parfois hétérogènes parfois dépendantes dans une faune urbaine, cantonnée dans un décor contemporain aux lignes droites et dépouillées. Rhéaume nous sert une chorégraphie qui oscille entre l’osmose d’un clan et l’ostracisme. Les interprètes vacillent, chancèlent, tombent, se relèvent, courent d’un côté à l’autre… seuls dans cette jungle. Cette création nous pousse à nous questionner sur la valeur de nos fréquentations et sur notre degré de sensibilité sociale.

Sept interprètes fougueux qui surutilisent l’espace de la scène, animés par une telle émotion de chaos… La chorégraphie ne provoque pas de grands émois ni de vives impressions. Aucune portée ni mouvements techniques marquants, la simplicité même. Toute la complexité réside dans la présence de l’autre, dans la fusion des corps et des enchaînements. La vivacité et la violence des mouvements détonnent dans un premier tableau avec la musique magnétisante et, dans un deuxième tableau, beaucoup de percussions s’opposent à la gestuelle hypnotique… les contraires s’attirent!

Dans l’ensemble, Fluide exhibe nos comportements sociaux dans ce qu’ils ont d’illogiques de vulnérables et d’incontrôlables telles une goutte d’eau qui se plie à la marée ou une feuille morte qui tombe sous le joug du vent… »

 

 
 

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