Dance from the mat – Le Fils d’Adrien danse/Harold Rhéaume : Only connect*

Publié le 1 mars 2013 par Fabien Piché

Nous avons présenté Fluide avec le Grand Théâtre de Québec en décembre dernier. Voici une critique qu’il a reçue lors de son passage à l’Agora de la danse, il y a quelques jours.

Article de Nayla Naoufal, paru sur le site Dance from the mat, le 22 février 2013


«Comment mettre en danse l’idée de collectivité, d’interdépendance? Comment chorégraphier les interactions humaines? C’est ce qui intéresse Harold Rhéaume dans Fluide, une création à la fois écologique et géométrique.

Dans un décor très dépouillé, d’une blancheur clinique, il donne à voir sept hommes et femmes initialement seuls qui commencent à tisser des liens invisibles entre eux, «à la rencontre et au centre de forces circulaires et de tourbillons algébriques»**. Les interprètes forment une communauté dansante où chaque spirale de l’un affecte le corps de l’autre et où l’énergie semble se transmettre telle une onde unique à travers chacune de leurs cellules. On voit se mouvoir dans l’espace une sorte de corps collectif fluidique, dont le tout est plus important que la somme des parties, dans une approche toute gestaltienne. L’idée est excellente, Rhéaume a voulu mettre l’accent sur les interconnexions dans un monde saturé de canaux extrêmement rapides de communication, mais où on ne se dit plus rien. Marilou Castonguay, Jean-François Légaré, Brice Noeser, Alexandre Parenteau, Esther Rousseau-Morin, Georges-Nicolas Tremblay et Arielle Warnke St-Pierre se plient à merveille au jeu, qui requiert beaucoup de virtuosité et une grande cohésion entre eux.

Cependant, à trop vouloir la synergie et l’organicité, ne risque-t-on pas de forcer les choses? Si certains duos sont puissants, l’ensemble de la pièce tend à verser dans un lyrisme formel, encore exacerbé par la musique, qui peut manquer de naturel et laisser sceptique. Un peu de dissonance aurait pu contribuer à la fluidité, d’autant que les quelques moments où on entend uniquement le souffle des interprètes touchent au merveilleux, comme s’ils étaient faits «d’un nœud et d’un foyer de mouvements que le danseur autour de lui distribue et récupère, fonction d’un nombre, centre ivre, réalisation d’une âme dans la décharge d’une étincelle».**

Fluide. Le Fils d’Adrien danse / Harold Rhéaume (Québec). Agora de la Danse, 20-21-22 février / 20 h

* Le titre de ce post fait référence à l’épigraphe d’E.M Forster à son roman Howard Ends.

Only connect! That was the whole of her sermon.
Only connect the prose and the passion, and both will be exalted,
And human love will be seen at its height.
Live in fragments no longer.
Only connect…

**Paul Claudel»

Source: Dance from the mat, Nayla Naoufal

 

 
 

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