À voir – Le hangar des oubliés – on y fait une place à la danse

Publié le 5 juillet 2013 par Marie-Hélène Julien

Les représentations du dernier chapitre des Chemins invisibles, Le hangar des oubliés, spectacle gratuit du Cirque du Soleil qui a lieu cette année à L’Agora du Port de Québec, sont encore toutes jeunes et déjà, on parle dans les médias d’un spectacle cirque-danse-théâtre qui éblouit, qui surprend, qui émeut. Sept danseurs de Québec y occupent un place de choix, ayant été dirigés par Harold Rhéaume dans des chorégraphies festives empreintes de la fibre sensible qu’on lui connaît.

Charles-Alexis Desgagnés, Jean-François Duke, Tania Jean, Sonia Montminy, Fabien Piché, Mathieu Trépanier et Ariane Voineau vous attendent l’un de ces soirs d’ici le 1er septembre!

Pour vous donner encore plus envie d’y aller, voici un article de Josée Guimond, paru dans Le Soleil, le 3 juillet 2013

Le hangar des oubliés, photo Patrice Laroche«(Québec)C’est à une soirée exceptionnelle que nous convie le Cirque du Soleil pour le cinquième (et dernier?) chapitre des Chemins invisibles – Le hangar des oubliés, présenté cette année à l’Agora du Port de Québec. Un spectacle d’une grande beauté et d’une spectaculaire cohésion, alliant autant le cirque, le théâtre que la danse, qui vise (et atteint) le coeur du spectateur, tout en lui en mettant plein la vue.

Compliment de la température exécrable de la semaine dernière, Le hangar n’en était mardi qu’à sa troisième présentation, même s’il est à l’affiche depuis le 23 juin. La soirée de mardi était dédiée à la mémoire de l’artiste du Cirque du Soleil Sarah Guillot-Guyart, qui a perdu la vie sur scène à Las Vegas samedi dernier.

Comme trame de fond, Le hangar des oubliés raconte l’histoire d’un vieux douanier (l’édifice réel de la Douane est juste derrière l’Agora) dont les employés ont décidé de célébrer l’anniversaire de façon festive. L’homme, ancien capitaine d’un navire (fictif) venu d’Irlande qui a coulé dans le Saint-Laurent, ouvrira ainsi ses boîtes de souvenirs (littéralement les caisses du hangar) pour revivre des bribes oubliées de sa vie.

Pour Le hangar, les bancs ont été retirés de l’Agora pour permettre au spectateur de se déplacer à sa guise, au gré des numéros, et de s’immerger au coeur du spectacle du Cirque (n’ayez crainte, on peut tout de même s’asseoir dans les gradins dénudés).

Les prestations des artistes se déploient sur 360 degrés, tant au sol que dans les airs. Une savante structure de boîtes de livraison, de palettes de bois et de conteneurs de tôle forme le décor, qui s’ouvre et s’illumine, ici et là, selon le moment et les artistes qui se présentent à nous. Musiciens, chanteurs et un judicieux jeu d’éclairages complètent l’ensemble.

Le spectacle s’ouvre au son plaintif de la cornemuse et le premier segment, rappelant une peinture (un morceau de scène se déplaçant à la manière d’un bateau, avec les marins sur le pont), donne le ton poétique et théâtral à la soirée. S’ensuivent plusieurs clins d’oeil historiques et fantaisistes dans les tableaux présentés: à l’immigration, aux Premières Nations, au tournage à Québec du film I Confess d’Alfred Hithcock, à la commedia dell’arte et on en passe.

Côté acrobaties, la signature Cirque du Soleil est reconnaissable et toujours aussi originale. Les artistes sont extraordinaires, nous font rire ou frissonner, selon le numéro. Mentionnons la menue trapéziste qui s’envole littéralement au-dessus des spectateurs (balancée par une vraie grue, un élément essentiel, bien que discret, du spectacle) et l’acrobate casse-cou qui déjoue la gravité de la roue de la mort (et fait presque arrêter notre coeur).

La mise en scène est l’oeuvre de l’homme de théâtre Martin Genest, qui signe ici un spectacle riche, maîtrisé et rempli d’émotion, malgré le grand défi technique de l’ensemble. Pour qui connaît un tant soit peu son travail, on reconnaît sa touche et sa sensibilité, qui se marie parfaitement au savoir-faire du Cirque du Soleil. Mentionnons que Genest a travaillé avec Philippe Aubertin, pour la partie cirque, et le chorégraphe Harold Réhaume, pour la partie dansée.

Franchement, le seul défaut du Hangar des oubliés est de passer à la vitesse de l’éclair. Le spectacle dure une cinquantaine de minutes, on en aurait facilement pris une heure de plus. Ça tombe bien, comme c’est gratuit, on peut revenir autant de fois qu’on le désire, on serait bien fou de s’en priver.

Rappelons que Le hangar des oubliés est présenté gratuitement tout l’été du mardi au samedi (et le dimanche 1er septembre) à 21 h 15 (à partir du 1er août, 20 h 45). Les portes ouvrent 30 minutes avant et les lieux s’animent à partir de 21 h. Notez que s’il pleut, le spectacle a lieu, mais en « version pluie ». En cas de vrai mauvais temps (rappelant la semaine dernière…), consultez Internet et les médias sociaux.»

Source: Le Soleil, Josée Guimond

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