ENTRE: la poétique des corps dans un univers mécanique par Ludovic Fouquet, Jeu

Publié le 26 février 2016 par Sandrine Lambert

La dernière représentation du spectacle (ENTRE) du Théâtre Rude Ingénierie  que nous coprésentons avec le Mois Multi aura lieu ce soir. Voici la critique de Ludovic Fouquet, parue sur le site Internet de Jeu, la revue de théâtre.

Photo: Josué Beaucage

Photo: Josué Beaucage

Le Mois Multi vient de proposer un spectacle magistral avec Entre du Théâtre Rude Ingénierie (TRI), compagnie de production multidisciplinaire de la ville de Québec qui se concentre sur la rencontre du son, de l’image, de l’objet, de l’ingénierie et du vivant.Entre marque leur premier pas dans l’univers de la danse et c’est sans doute cette virginité qui contribue tant à la force de la proposition. Elle est aussi leur marque de fabrique, puisque TRI cherche dans chacun de ses projets à aborder de nouvelles disciplines ou univers mais à la façon d’un jouet : explorer ses possibles et ne pas en faire une fin.

Philippe Lessard-Drolet (direction, mise en scène, lumière et interface technique) et Bruno Bouchard (dramaturgie, regard extérieur), qui explorent souvent des univers mêlant technologie, bricolage et théâtre d’objets, cherchaient à croiser la danse à un dispositif interactif ; en gros des caméras captent les mouvements des danseurs et les images sont traduites en pixels de lumière par un ensemble de projecteur lumineux surplombant une plancher de bois rectangulaire.

Ce qui est extraordinaire, c’est que dès les premiers instants, le prétexte technologique est oublié, ou plus précisément le dispositif se met absolument au service du propos. Il est, d’une certaine mesure, le propos, puisque le plaisir du spectacle, tant pour les spectateurs que pour les danseurs (Josiane Bernier et Fabien Piché, tous deux magnifiques) réside en partie dans le fait de voir l’espace réagir aux gestes des danseurs, la lumière ou les sons changer en fonction des mouvements (sept tables tournantes diffusent des disques, manipulés par les danseurs). Mais tout cela devient  vite secondaire devant la force de la proposition scénique, qui est un mélange de danse, de théâtre, avec des influences cinématographiques (une habitude chez Rude Ingénierie) et un déploiement de petits objets récupérés, comme autant de reliques d’une histoire (de couple) passée.

Jamais, je n’ai vu un spectacle s’appuyant sur un univers technologique réactif être capable à ce point d’émouvoir, de créer pleinement à partir de l’outil convoqué  — ce dernier demeure un matériau de construction. Et cet outil est ici au service d’une proposition remarquable, et amplifie même sans doute les qualités chorégraphiques, interprétatives des danseurs et les qualités créatives de chaque membre de l’équipe, en offrant à chacun une liberté rare.

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Source: JeuLudovic Fouquet.

Spectacle associé

(Entre)

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Théâtre Rude Ingénierie / Philippe Lessard Drolet / Québec / Deux artistes sur scène


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