L’importance de l’ensemble (en société comme en chorégraphie), par Audray Julien, Dfdanse

Publié le 19 avril 2016 par Sandrine Lambert

Le printemps tient toutes ses promesses: un vent de Colombie-Britannique nous amène Vital Few de Company 605 comme bouquet final de notre saison de danse 15-16 à Québec!

Originaire de la Colombie-Britannique, la compagnie 605 est de passage à Montréal du 20 au 22 avril. Investiront l’espace de l’Agora de la danse six 6 interprètes d’une qualité technique impressionnante mis en œuvre dans une construction chorégraphique tout aussi complexe que verbeuse. Vital Few propose un questionnement sur l’individu mis au service du groupe, sur les possibilités d’utiliser les forces et authenticités de l’un pour le mieux-être des autres et inversement.

Company 605, The Banff Centre, Dance, 2016

Company 605, The Banff Centre, Dance, 2016. Photo: Rita Taylor.

On nous présente le propos de Vital Few comme une recherche d’une unité de groupe, d’un fonctionnement harmonieux entre six entités distinctes, possédant leurs propres pulsions, mais tentant de faire partie intégrante d’un groupe. En début de pièce on sent réellement la mise en commun, les danseurs s’amalgamant pour n’en devenir qu’un seul. Il est grand et bien articulé, quoique ses membres appartiennent en fait à différents individus. L’image est efficace et intéressante à observer, on se demande d’où proviennent les différents segments, la structure du petit géant évoluant constamment. Mais ce n’est pas bien long avant que le danseur plus grand que nature ne finisse par se déconstruire, rendant leur liberté aux six interprètes. Petit coup de cœur pour une section en particulier, une avancée en diagonale qui fait penser au ressac de la vague, marche avant et marche arrière de quelques mouvements. Par la suite, la structure chorégraphique devient plus difficile à lire. Différentes phrases dansées en solo ou bien en duo se succèdent. Tous les interprètes semblent entamer des phrases différentes pour se rejoindre à quelques moments, mais le tout finit par être chargé rendant la lecture plus ardue. Certains courts moments d’unisson rafraîchissent l’œil, viennent nous permettre d’apprécier pleinement l’exécution impeccable des artistes au sein des phrasés complexes. Cependant, ces instants sont extrêmement éphémères et passent en un battement de cils avant que ne reprennent les séquences à l’écriture différente pour chacun. Ce procédé chorégraphique rend le tout un peu chargé.

Toutefois, il faut dire que les phrases dansées furent écrites, puis interprétées d’une façon si fluide, sans couture et investies physiquement qu’il suffit de porter sa concentration sur un interprète pendant quelques minutes pour être jeté par terre. Impossible de se faire des attentes sur ce qui suivra le premier mouvement, on se retrouve toujours surpris par la suite. Les tours, les passages de travail de partenaire et passages au sol sont étonnants, ils amènent les corps dans des angles hors du commun nous laissant éblouis.

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Source: Dfdanse, Audray Julien.

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