Québec, là où la culture ne se laisse pas emporter, mais vous emporte !

Publié le 14 septembre 2016 par Marie-Hélène Julien

Qui dit rentrée automnale dit aussi rentrée culturelle, et cela rime avec la multiplication des événements artistiques et culturels dans toutes les disciplines. Je vous partage une réflexion très personnelle sur ma perception de la culture dans cette ville de Québec que j’aime! Bonne rentrée!

Fleuve, photo de Dimitri Lavoie

Photo : Dimitri Lavoie


 

Je me tiens sur la Terrasse Dufferin, lieu significatif lié à mes racines s’il en est un, puisque mes grands-parents maternels s’y sont rencontrés il y a de cela soixante-quinze ans. Je me tiens tout près de la rambarde, je m’attarde devant le fleuve, étendue longiligne bordée de terre, de végétaux, d’objets que les Québécois ont façonnés, témoin de notre histoire, de ce que nous sommes. C’est bien connu, la proximité de l’eau est un gage de prospérité et de longévité pour une communauté qui s’installe, qui s’érige de manière à perdurer.

Ma voisine se tourne alors vers moi et me dit, m’extirpant de mes pensées : « Je nous trouve chanceux, nous qui vivons à Québec, d’évoluer le long de cette étendue tranquille, de pouvoir profiter de cette beauté naturelle à tout instant du quotidien, d’avoir le loisir de presque en goûter la saveur tellement elle fait partie de nos vies. »

Rapidement, j’acquiesce, et il résonne en mon for intérieur que ce fleuve que nous avons baptisé Saint-Laurent depuis si longtemps est à la base de notre culture… Cette culture en mouvance perpétuelle qui s’affirme de plus en plus au fil du temps.

Puis, de sa réflexion sur notre or bleu, mon cerveau me mène sur la piste de ce que je considère l’or brut de la ville de Québec : la culture.

Déjà à l’adolescence, je savais que je voulais faire une différence dans le paysage culturel de Québec. À ce moment, le théâtre m’interpellait davantage que toute autre discipline artistique, mais avec le temps, plusieurs se sont mises à occuper de plus en plus d’espace dans mon environnement immédiat. Danse, musique, arts visuels, cinéma, arts littéraires ont gagné du terrain. J’ai tôt fait de m’apercevoir que cela ne se passait pas que pour moi ; cela révélait plutôt une tendance dont s’imprégnait peu à peu la communauté.

Au même moment s’opérait la revitalisation du quartier Saint-Roch, qui a fait en sorte de changer la face de la scène culturelle de la ville. Un nombre sans cesse grandissant d’organismes à vocation culturelle et d’événements ont déménagé leurs pénates en basse-ville de Québec, se rapprochant du même coup… de l’eau! Si bien qu’un concentré d’activité artistique bouillonne désormais au coeur de notre ville, bordé par le fleuve Saint-Laurent au sud et à l’est.

Cette effervescence culturelle confirme pour moi le dynamisme et la vitalité de notre collectivité. Notre culture fait foi d’où nous venons et j’aime penser que son évolution constante nous propulse vers l’avant. Et tout comme la présence de l’eau à proximité, elle élargit nos horizons, ouvre nos esprits nous rendant disponibles à l’autre, et aux expériences vivantes de tout acabit.

« Le théâtre est l’un des instruments les plus expressifs, les plus utiles à l’édification d’un pays, le baromètre qui enregistre sa grandeur ou son déclin ! », a lancé un jour le dramaturge andalou Federico García Lorca . Il considérait que plus le théâtre y était florissant, plus une communauté s’épanouissait. À l’inverse, lors de moments où la production théâtrale se retrouvait précaire, la société arborait un état inactif, stationnaire. Et lorsque j’y songe, comme en ce moment, toujours debout sur mon promontoire qui surplombe le fleuve, je pousse l’audace à croire que ce que García Lorca avançait peut aisément englober la culture en général et je lui donne raison sans l’ombre d’une hésitation !

Bien entendu, je ne me leurre pas, la santé d’une société ne se joue pas uniquement sur la base de son offre artistique et culturelle. Les aspects économique et politique font indubitablement partie de l’équation, pourtant, ce n’est pas ce qui m’intéresse ici.

J’ai la chance de vivre dans une ville où l’ouverture aux arts a trouvé sa place, où la production culturelle de toute nature est encouragée, où la générosité de l’éventail artistique est telle que chacun devrait immanquablement y trouver son compte.

Du haut de la terrasse, dans le grand vent, je vous invite à plonger dans le bouillon de culture que les artistes d’ici vous offrent, à vous laisser emporter par le courant qui vous mènera de spectacle en spectacle, de salle en salle, d’événement en événement, à la découverte de ce qui fait profondément de vous qui vous êtes et à vous en laisser imprégner… au fil de l’eau.

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