Danse de nuit: le happening dansé de Karine Ledoyen par Léa Fischer-Albert, Monsaintroch

Publié le 28 octobre 2016 par Sandrine Lambert

Le blogue monsaintroch.com nous a fait l’honneur de sa présence au spectacle de Karine Ledoyen et nous livre ici sa critique.

Photo: David Cannon

Photo: David Cannon

Avec Danse de nuit,  Danse K par K explore ce qui s’apparente beaucoup à une performance artistique jumelée à la danse plutôt que de proposer un spectacle de danse habituel.

Steve Huot, le directeur général et artistique de La Rotonde l’a souligné lors de son mot de bienvenue : pour sa 20e saison, le diffuseur spécialisé en danse contemporaine ose sortir du cadre habituel dans sa programmation. À ceux qui s’attendent à un spectacle de danse en assistant à Danse de nuit, soyez avertis : on a affaire ici à une performance artistique très théâtrale, où plusieurs moments de danse viennent agrémenter l’expérience.
Le travail de Karine Ledoyen, chorégraphe et directrice artistique de Danse K par K, est souvent teinté de théâtralité. Pensons à Danse de garçons, où elle a chorégraphié un spectacle pour six comédiens et un danseur. Les comédiens avaient peu ou n’avaient pas dansé dans leur carrière, amenant un côté brut et théâtral à la danse contemporaine. Avec Danse de nuit, Karine Ledoyen a une approche différente : elle met en scène deux danseurs professionnels, Fabien Piché et Odile-Amélie Peters, en plus de se mettre en scène elle-même, en intégrant quelques moments chorégraphiés. Elle retrouve aussi ses fidèles collaborateurs : Patrick Saint-Denis à l’environnement sonore, Sonoyo Nishikawa aux éclairages et Ginelle Chagnon à l’assistance chorégraphique.

Performance artistique teintée de danse contemporaine
Danse de nuit
 présente plusieurs tableaux, toujours à la limite du confortable. Chacun peut être perçu comme rempli d’amour ou plein de violence. La ligne est mince, particulièrement dans un des duos de Piché et Peters. On y voit Odile-Amélie Peters tenter de ramener son amoureux dans le lit, alors que ce dernier « fait le mort ». La scène semble pleine de dévotion lorsqu’elle est regardée telle quelle, mais Karine Ledoyen, qui est aussi sur scène, filme le tableau, en choisissant ce qu’elle projette au public. Ses cadrages serrés orientés surtout sur l’anatomie de la danseuse confèrent à la scène un côté pornographique et surtout très voyeur.

L’amie qui m’accompagnait, travailleuse culturelle en arts visuels, m’a souligné que plusieurs particularités du spectacle rappellent la tradition du happening, de l’art de la performance en arts visuels. Une grande place est d’ailleurs laissée au hasard et à la spontanéité. Bien qu’une trame de fond oriente l’oeuvre, l’artiste se laisse souvent guider par l’ambiance, ses propres gestes, ses émotions ou la foule réunie. C’est le chemin qu’a semblé prendre Karine Ledoyen lors de ses interventions ponctuelles au public : la chorégraphe s’adresse directement à l’assistance chaque fois qu’elle prend la parole. Le spectateur est par ailleurs inclus dans la performance d’une manière ou d’une autre – comme regardeur-voyeur ou comme acteur de l’événement. C’est non sans un certain malaise que le regardeur est regardé en retour par une caméra qui sonde le public. À d’autres moments, il assiste à un duel de danse ou les partenaires d’écorchent, se trainent, s’essoufflent et s’étouffent.

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Source: monsaintroch.com, Léa Fischer-Albert.

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