Rites: à l’autel de la danse par Iris Gagnon-Paradis, La Presse

Publié le 18 novembre 2016 par Sandrine Lambert

Voici une critique du spectacle Rites de José Navas lorsqu’il fut présenté il y a un an à Montréal. Ne manquez pas les deux représentations à Québec les 30 novembre et 1er décembre au Théâtre de la Bordée.

Photo: Valerie Simmons

Photo: Valerie Simmons

Avec Rites, José Navas offre son corps à la danse, sans fard et avec une touche de vulnérabilité, au gré de quatre solos plutôt sobres, mais d’une grande intensité. Un spectacle à voir surtout pour la présence incomparable et magnétique du danseur cinquantenaire.

Il y a quelque chose qui touche au sacré dans ces Rites. D’abord, dans la présence de Navas, qui accueille les spectateurs de la Cinquième Salle assis, immobile, sur une chaise, dans un état de recueillement quasi méditatif.

Puis, il y a les musiques choisies, élévatrices, jazz et classique, pour les trois premiers solos – Nina Simone, Dvořák, Schubert. Et cette finale, exutoire, sur le Sacre du printemps de Stravinsky, où Navas se met totalement à nu, dans une offrande ultime. Sans compter les magnifiques éclairages de Marc Parent, qui se modulent de l’orangé au bleuté, découpant par moments la silhouette du danseur en contre-jour.

COURTES VIGNETTES

Les trois premiers solos sont ponctués par les changements de costumes à l’allure cérémoniale et exécutés avec des gestes lents et méticuleux.

Très courtes, ces vignettes dansées sont empreintes de lyrisme et amènent le spectateur à visiter les territoires intérieurs de Navas et ses diverses variations intimes.

Dans le premier solo, Navas est vêtu d’une chemise blanche scintillante, où brille au dos un « J », et chaussé de Derby métalliques, les jambes à l’air. Énergique, mais avec une touche de nonchalance taquine, il se meut au son de la voix de Rudy Stevenson interprétant Ain’t No Use, de Nina Simone. Il ouvre les bras, les replie, les entoure autour de lui, leur élan propulsant son corps, la lumière se reflétant sur les paillettes de son vêtement.

Arrêt. Navas se pare de blanc. Lumineux, gracile, léger, il tournoie sur la Symphonie no 9 en mi mineur d’Antonín Dvořák. Le vocabulaire chorégraphique reste simple et ressemble à celui du premier solo, mais l’exécution est plus aérienne, les longs bras du chorégraphe ondulant avec finesse, avant de s’élever vers le ciel.

Changement de ton, alors que le danseur enfile pantalon et veston sur son torse nu. De profil, à l’avant de la scène, son visage – dont l’éclairage souligne les aspérités – se fait plus inquiétant alors qu’il jette son regard d’encre sur le public, en serrant les pans de son veston contre lui, au son du piano et du choeur de voix de femmes s’élevant sur la musique de Schubert.

Un solo plus introspectif, tout en retenue explosive, qui se termine par un long cri silencieux lancé au ciel, évoquant une esthétique butô. Puissant. On se prend à souhaiter que Navas ait exploré davantage cette avenue dans Rites.

Pour lire la suite de l’article, cliquez ici.

Source: Iris Gagnon-Paradis, lapresse.ca.

Publié dans , | Marqué avec , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire