Data: mouvements intérieurs par Iris Gagnon-Paradis, La Presse

Publié le 10 janvier 2017 par Sandrine Lambert

Data de Manuel Roque, un solo éblouissant qu’on a hâte de voir dans l’auditorium du pavillon Lassonde au Musée national des beaux-arts du Québec. Voici la belle critique d’Iris Gagnon-Paradis parue en 2015 lors de la présentation du spectacle au Festival TransAmériques en 2015.

Manuel Roque entraîne le spectateur dans un voyage kinesthésique, contemplatif et lent, sans lecture imposée. PHOTO: MARILÈNE BASTIEN, FOURNIE PAR LE FTA

Manuel Roque entraîne le spectateur dans un voyage kinesthésique, contemplatif et lent, sans lecture imposée.
PHOTO: MARILÈNE BASTIEN, FOURNIE PAR LE FTA

Le corps est un espace exploratoire dans Data, solo créé et dansé par l’exceptionnel Manuel Roque, où l’intention du geste part de l’intérieur et traverse les muscles, tel un courant électrique. Un exercice à la fois contemplatif et poétique.

Data: une description basique d’une réalité, une observation factuelle, une donnée numérique. Mais aussi l’empreinte d’une identité, le noyau de l’être, sa mémoire. La forme et le fond, en quelque sorte.

Et ce sont ces deux faces d’une même réalité que Manuel Roque examine dans son solo Data.

D’un côté, il explore à l’aide de son corps différents états, décortiquant les mouvements intérieurs qui surgissent de ses entrailles avec une approche méthodique.

Du même souffle, il touche au poétique, en laissant s’exprimer par le geste le coeur de son identité créatrice, mais aussi, plus largement, de l’identité humaine.

La grande force de Data réside dans le talent d’interprète de Roque, tout simplement exceptionnel. Celui qui a entre autres dansé pour Marie Chouinard et Paul-André Fortier habite la scène avec un grand calme, complètement ouvert, le regard engagé. On sent presque le courant électrique partir de son centre pour s’étendre vers ses extrémités.

Il fait preuve à la fois d’une maîtrise hallucinante de ses muscles, sans jamais tomber dans la rigidité. Au contraire, ses gestes se construisent par accumulation de micromouvements subtils, à l’image des notes sur une partition musicale.

Ondulations, extrême fluidité et tonicité côtoient les dislocations, hyperextensions, déformations et laxité des articulations. C’est tout simplement fascinant à regarder.

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Source: Iris Gagnon-Paradis, Le Devoir.

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