Vulnérabilité – Critique de (Very) Gently Crumbling par Gabrielle Roy, Dfdanse

Publié le 5 avril 2017 par Sandrine Lambert

(Very) Gently Crumbling a été présenté au Théâtre La Chapelle à Montréal en avril 2015. Nous aurons le plaisir de voir ce spectacle de Jacques Poulin-Denis très bientôt à Québec. Voici la critique de Dfdanse parue à l’occasion de cette première.

Photo: Dominique T. Skoltz

Photo: Dominique T. Skoltz

Se construire, se déconstruire, se reconstruire. Souffrir, puis ne plus souffrir parce que la vie s’efface et nous laisse dénudés. On s’écroule, ruiné. Lavé de toute vie passée, les vestiges subsistent et le corps, comme neutre est dépourvu de l’être, perdu, égaré. Laissé à lui-même, on lui accorde une tout autre liberté qui semble se manifester par sa propre redécouverte. Là où les corps se désarticulent, se percutent et où on sent l’urgence du dernier élan. Là où cet univers utopique nous plonge dans une réalité quasi choquante qui nous révèle, sans retenue, quatre femmes empreintes des ravages d’autrefois (Very) Gently Crumbling.

Jacques Poulin-Denis met en scène une étude qui nous saisit directement au ventre. La vulnérabilité de ses quatre interprètes est poignante et vraie. Claudine Hébert, Caroline Gravel, Anne-Marie Jourdenais ainsi que Katrine Patry semblent s’abandonner complètement, à yeux fermés, dans le travail de Poulin. La formalité ainsi que la plasticité des corps dévoilent l’écroulement et la décadence qui s’en emparent, tant d’un point de vue physique, que d’un angle plutôt psychologique où même l’être qui s’y trouve se laisse dévoilé, jusqu’à nous laisser pour témoins de leur déclin. C’est extrêmement fragile et tangible.

L’intelligence physique dont disposent les quatre femmes leur donne une allure humanoïde, où la mouvance du corps devient des plus fonctionnelles. On nous offre, comme sur un plateau d’argent, le privilège de contempler la finesse des mécanismes du corps dans leur état le plus pur. La limpidité des gestes est telle que c’en est presque machinal ou même bestial. Ça devient alors très touchant, d’une certaine façon. Voir ainsi chacune des interprètes, humaines avant tout, être complètement décontenancée et dépouillée de leur humanité, c’est bouleversant. Se livrer ainsi, à la merci de son propre corps, sur scène, devant autrui, dans cette atmosphère sensible et tellement abstraite à la fois, c’est généreux.

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Source: Gabrielle Roy, Dfdanse.

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