Triptyque Cryptique : L’appel du primitif, par Josianne Desloges

Publié le 14 octobre 2017 par Valérie Roussel

Le premier spectacle à être présenté à la Maison pour la danse, un lieu à l’architecture éthérée conjuguant des studios et des bureaux au cœur du quartier Saint-Roch, à Québec, est un triptyque signé par la chorégraphe Lina Cruz.

duo3_0165

Crédits: Maxime Daigle/ Sur la photo: Duo No 3 En attendant la nuit blanche : Jean-François Duke, Fabien Piché

Chorégraphie : Lina Cruz/ Composition et musique en direct : Philippe Noireaut

Un projet collaboratif, hybride, sensible et taillé dans l’humour absurde, qui nous ramène aux premiers humains, aux premiers rites, aux premiers paramètres de notre humanité. Trois duos composent Triptyque Cryptique, qui porte fort bien son nom. La proposition navigue volontairement dans l’étrange, le bouffon, le clownesque, tout en portant une certaine poésie, voire une tendresse, ce qui constitue un mélange pour le moins éclectique.[…]

duo1_9615-300x187

Crédits: Maxime Daigle/ Sur la photo: Duo No1 Tunnel # 3 : Harold Rhéaume, Lydia Wagerer

Chorégraphie : Lina Cruz / Musique : bruitage et remix de pistes diverses composées par Philippe Noireaut et Lina Cruz

Le spectacle s’ouvre avec Tunnel #3, où Harold Rhéaume et Lydia Wagerer incarne un couple incongru dans un univers souterrain. Les lampes qu’ils portent au front leur donnent des allures de spéléologues. Les sons des roches qu’ils entrechoquent, des bouteilles d’eau qui se cognent, se réverbèrent pour constituer une trame sonore de mine, de grotte et de rivière souterraine. Les lampes illuminent à plusieurs reprises leurs visages rapprochés, aux aguets, à l’affût. Chacun fait son affaire jusqu’à ce que les corps se cherchent, se servent d’appui, s’enroulent avec des contorsions incongrues et soigneusement orchestrées. Rhéaume chantera La vie en rose la tête dans un bloc de bois. La chorégraphie se terminera sur l’image d’un enfant qu’on berce, si bien qu’on peut y voir une improbable romance entre deux créatures.

Créatures. C’est justement le mot qui me revient sans cesse en tête pour qualifier les deux drôles de personnages du duo Tempo Al Dente, interprétés par Raphaëlle Fougères et Geneviève Robitaille. Mi-oiseaux, mi-serpents, les deux femmes jouent, tout au long, avec une horloge, qui roule entre deux parenthèses rouges qui font office de limites et sur un tapis central qui rappelle l’espace de combat. Là encore, on jouera avec les sons, beaucoup avec la voix, mixant les sifflements et les grognements et les syllabes. Le duo éventrera l’horloge, y trouvera un festin, se laissera gagner par le rire… On croirait voir deux cyborgs égarées dans une toile de Dali, mangeant goulûment les entrailles de quelque machine rouillée. […]

duo2_9939-300x200

Crédits: Maxime Daigle/ Sur la photo: Duo No 2 Tempo al dente: Raphaëlle Fougères, Geneviève Robitaille

Chorégraphie : Lina Cruz / Composition et musique : Philippe Noireaut

 

Lisez toute la critique de Josianne Desloges, JEU Revue de théâtre, 12 octobre 2017.

 

Publié dans , | Marqué avec , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire