Mille batailles: extase frénétique, par Josianne Desloges

Publié le 13 décembre 2017 par Valérie Roussel

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CRITIQUE / Pulsatif, syncopé, addictif, Mille batailles de Fou Glorieux est un périple chevaleresque névrotique à l’ère électronique. Louise Lecavalier en est le cœur battant et le centre nerveux, autour duquel son partenaire de jeu, Robert Abubo, gravite, comme une ombre, jusqu’à atteindre un état d’impossible sevrage.

[ … ]La musique en direct d’Antoine Berthiaume irrigue les mouvements, soutient les démantèlements, les sprints, les écrasements. Les rythmes électros et l’enchaînement rapide et répétitif des notes de guitare électrique résonnent comme les battements d’un cœur fou et implacable.

L’échange est sportif, les deux danseurs prennent parfois quelques secondes de pause pour avaler une gorgée d’eau salvatrice ou s’éponger le visage. Les costumes d’Yso en font deux guerriers ninja, capuchon et pantalons luisants pour elle, vêtements noirs et mats pour lui. [ … ]

Double échiquier

Le plateau est un double échiquier, qui comprend un carré de jeu au sol et un mur de contreplaqué. Les deux interprètes s’y roulent, y courent, en suivent les lignes ou en traversent les frontières en suivant une trajectoire complexe et imprévisible. Lorsque les jambes pérégrinent sur le mur du fond, alors que les nuques sont écrasées au sol, un renversement de perspective s’opère, les deux protagonistes acquièrent des propriétés presque surnaturelles, et on les suit dans leur course folle où le temps, l’espace, l’autre et soi se confondent.

Il y a des affrontements, des portés où Abubo joue parfaitement la surprise de celui qui réagit à des mouvements qu’il ne connaît pas, alors qu’il a fait la chorégraphie mille fois. Mais les contacts se font surtout front à front ou main à nuque, comme si, entre ce duo dédoublé, la communication passait par le crâne, par les soubresauts neurologiques, par ses pensées qu’on attrape au vol lorsqu’on arrive, vraiment, à toucher l’autre.

Cette production de Fou Glorieux et co-présentation de La Rotonde et du Grand Théâtre de Québec sera de nouveau présentée le mercredi 13 décembre à 20h à la salle Octave-Crémazie.

Crédit photo: André Cornellier

Lisez l’article complet de Josianne Desloges pour Le Soleil, le quotidien de Québec, ici.

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