UNE PIÈCE DE DANSE À LA BORDÉE, par Nora Legrand d’Impact Campus

Publié le 20 février 2018 par Valérie Roussel

Le spectacle de danse contemporaine P.ARTITION B.LANCHE d’Harold Rhéaume, interprété par les danseurs de la troupe Le Fils d’Adrien Danse et présenté par la Rotonde au théâtre La Bordée, a de nouveau éclos sous les yeux du spectateur jeudi dernier.

À l’issu d’un travail de composition harmonisant la recherche, la médiation culturelle et la création, le chorégraphe Harold Rhéaume s’est inspiré du théâtre pour mettre en place son projet. Le « texte blanc » sur les planches étant un texte écrit de façon à ce qu’il se détache complètement de la situation et de l’acteur afin de laisser à ce dernier une marge de manœuvre absolue dans son improvisation, Rhéaume choisi pour thème la « partition blanche ». Une partition faite de danseurs vêtus de noir, pour rappeler les croches qui se balancent entre les lignes, où la musique du corps s’opère.

Ainsi, la chorégraphie est totalement neutre et dépourvue d’histoire : elle renvoie plutôt à de la figuration, à l’image d’une rencontre entre plusieurs duos. Cette rencontre évolue dans le temps et l’espace, elle se fige en quelque chose d’amorphe, évolue encore et de manière saccadée, s’assouplie… En amont de cette rencontre, deux « partitions » ont émergé du travail en résidence. Sur scène, les duos s’approprient la matière de ces partitions, et de manière spontanée, ils se laissent bercer par l’improvisation.

Danse-Partition-Blanche-Photo-Elias-Djemil-Matassov-2@2x-759x500  Photo : Elias Djemil-Matassov

UNE VOLONTÉ DE VISUALISER LES LIENS HUMAINS

Derrière ce travail de recherche, Harold Rhéaume montre une vision relativement monotone de la vie. Le monde est sombre et traître pour l’Homme, mais il y a la rencontre. Sur scène, les duos sont interchangeables, presque imperceptibles, parfois une des croches se perd et joue seule sur scène comme pour matérialiser le désarroi de la solitude. À plusieurs reprises, les duos coagulent pour se métamorphoser en un seul et même corps. Ils se mélangent et se remélangent comme des ombres chinoises alors que la musique joue, tantôt un solo mélancolique au piano, tantôt une ascension électronique inquiétante. Cette rencontre persistante agit comme un baume sur les blessures qu’inflige le monde à l’Homme et l’accompagne sur la voie de la guérison de l’âme.

UN THÈME RÉCURRENT CHEZ LA ROTONDE

Monde violent, rencontre, duo, recherche… Ce sont des éléments que l’on retrouvait aussi dans BLEU., un spectacle d’Yvann Alexandre présenté par la Rotonde les 18 et 19 janvier derniers. On remarque une certaine rupture dans les deux titres, BLEU. et P.ARTITION B.LANCHE, marquée par un point. Une rupture dans le temps ou bien une blessure ? Si Alexandre centre sa recherche sur la consistance même de la danse, Rhéaume est davantage axé sur la création elle-même. Les deux chorégraphes se rejoignent toutefois sur le rôle du lien tissé lors d’une rencontre entre deux êtres humains, et sur l’inéluctabilité de cette rencontre qui remédie au pessimisme d’un monde ténébreux. Est-ce une problématique soulevée par La Rotonde, ou bien le genre humain est-il en train de se questionner sur la finalité de son existence à travers l’art ?

Consultez l’article complet de Nora Legrand pour l’Impact Campus, le 20 février 2018, ici.

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