Arrière Scène

[ARTICLE] Alan Lake : Un homme à la mer – par le Voir

Publié le 3 avril 2018 par Laurence Bégin

Une odyssée à la fois sublime et terrifiante nous attend au Grand Théâtre ce printemps. Un plongeon dans les abysses du genre humain en compagnie d’Alan Lake, qui nous immerge au cœur de sa nouvelle création, Le cri des méduses.

C’est à marquer d’une pierre blanche: Le cri des méduses est le deuxième spectacle réalisé par un artiste local à se produire en les murs du Grand Théâtre depuis 1994. Une opportunité extraordinaire pour Alan Lake, puisque l’œuvre, avec ses dix protagonistes – neuf danseurs et un musicien –, nécessite autant d’espace que d’intimité. «On est encore capable de saisir le visage, les yeux des interprètes, les matières. Je trouve que la salle Octave-Crémazie permet le grand plateau et la proximité avec le public.»

Le point d’ancrage de la nouvelle création du chorégraphe de Québec est cette toile saisissante du peintre français Théodore Géricault, Le radeau de la Méduse. Inspirée du naufrage historique de la frégate de la marine royale La Méduse près des côtes du Sénégal en 1816, elle traduit la détresse des survivants, mais aussi l’espoir d’un sauvetage. «Quand j’ai vu le tableau de Géricault, il y a quelque chose qui s’est passé en moi sur le plan émotif, en raison de son pouvoir évocateur. Ces pyramides humaines, cette humanité à la dérive qui tente de survivre ou d’aller chercher quelque chose… J’ai été happé par cette œuvre-là.»

Dotée d’une imposante scénographie, Le cri des méduses renverse l’idée que la danse contemporaine doit nécessairement évoluer dans un espace dénudé. Fiévreuse et poétique, la musique soutient les tableaux portés par les danseurs, qui transposent de façon imagée la faim, la déshydratation, la folie et le cannibalisme qui sévissaient sur l’embarcation. «Je ne représente pas la cale du bateau; ils ne sont pas continuellement sur un immense radeau. On est dans un non-lieu, un lieu fantastique, onirique.»

Reflétant l’état d’urgence des naufragés, l’œuvre de Lake ne dépeint pas les événements de manière historique, mais explore comment l’être humain arrive, en temps de crise, à se sortir du pétrin. «Je me plonge dans l’œuvre de Géricault, je m’y attache de façon symbolique, imaginaire.»

 

Lisez l’article complet de Julie Bouchard, dans Le Voir, le 30 mars 2018.

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