[CRITIQUE] La fille d’à côté + Duet for One Plus Digressions: remixer la danse – par Les Enfants du paradis

Publié le 28 avril 2018 par Laurence Bégin

Programmedouble

 

Un programme double où la danse se fait à la fois lente et vigoureuse, douce et ludique. De la danse qui part à la rencontre du public avec d’inattendues approches.

 

Vigoureuse chorégraphie

Andrew Turner propose une chorégraphie dynamique et vigoureuse où le quatrième mur disparaît complètement. L’idée de départ un duo sans partenaire, d’où la première partie du titre, s’avère lumineuse. Elle permet un agréable jeu avec le public où Turner s’oblige à expliquer le duo qu’il interprètera seul.

Les digressions, d’où la dernière partie du titre, sont nombreuses et résolument humoristiques. Le danseur chorégraphe développe une relation intime avec le spectateur. Des moments de grâce entrecoupés de cet improbable duo. Le spectateur doit l’imaginer puisque la danseuse n’est pas là. L’oeuvre s’offre alors à lui dans une modalité inattendue. Il découvre les possibilités de la performance.

Si la prestation semble d’abord improvisé, il devient rapidement évident que même les moments les plus spontanés sont chorégraphiés. Cela permet au danseur, ou est-ce un acteur tellement la représentation s’apparente au théâtre, de jouer avec le public et de découvrir ses attentes. Le spectateur est conquis. Il en veut plus. Il en redemande même. La chorégraphie devient presque accessoire. Un outil parmi d’autres pour faire cette exploration.

 

Ode à la lenteur

Bernier amène la danse dans un tout autre registre. Ici, la présence et la lenteur sont à l’honneur. Deux femmes, chacune étant la femme d’à côté de l’autre, se déplacent lentement, font des pauses. La danse est ramenée à sa plus simple expression.

Il n’y a pas de relation précise entre ces deux femmes. Elles sont tout simplement là. Elle partage l’espace. Sur scène et avec le public. C’est presque de la non-danse. La musique est absente, phénomène rarissime en danse. Le geste est lent, décortiqué. Le public regarde, observe, se questionne

La fille d’à côté est un spectacle qui ne s’adresse pas à tous les publics. C’est une exploration intime, voire intimiste de la danse. Une aventure au coeur du corps. Dans sa plus simple expression.

 

Lisez la critique complète de Robert Boisclair sur le blogue des Enfants du paradis, le 28 avril 2018.

Photos : Philippe Lessard Drolet / Ollie Smith

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