[CRITIQUE] Bigico : pieds tendres – par Les Enfants du paradis

Publié le 17 mai 2018 par Laurence Bégin

 

La Rotonde vous invite à un spectacle qui rebrasse les codes de la gigue, les transforme, l’amène ailleurs, là où on l’attend le moins. Elle s’évade des pieds, mais y demeure un peu tout de même, pour envahir le corps tout entier. Le squatter avec ses cliquetis qui prennent moult formes pour devenir frappements, claquements, frottements ou clapotis.

 

La gigue qui s’éclate

L’aventure gigue contemporaine offre une panoplie de cliquetis. Des frappements du pied bien sûr mais également des clappements des mains et du corps. Le pied se fait tendre alors que le corps tout entier se fait gigue. Une suite sans fin de doux branle-bas gigués et un corps qui s’éclate en mille mouvements harmonieux. Les gestes sont amples ou pas, les pas frappent le sol ou pas. Une chose est certaine, elle s’éclate. Elle s’infiltre dans des zones inconnues et offre un spectacle fort agréable.

La gigue contemporaine est monologue, théâtre, danse ou acrobatie. Elle est aphone, sans musique, ou se fait électro-acoustique. Tous les styles, toutes les audaces sont permis. C’est ce qui fait son charme.

 

Une découverte surprenante

La gigue proposée ici, balance entre tradition et audace. N’abandonnant nullement ses origines, elle s’offre des nouveaux mouvements. De frontale et fermée, elle devient multiple et ouverte.

Huit moments, huit univers, huit chorégraphies. Avec Accolades et quiproquos, elle sait être souriante, avec Sonore dés_accord, elle se fait invitante et séduisante et avec Prescrit pour pieds, elle joue magnifiquement du pied. Elle sait même prendre le rythme du coeur avec Une gigue sur le coeur, magnifique moment en compagnie de Sandrine Martel-Laferrière qui danse au rythme de ses propres battements cardiaques.

Le rythme est au centre de cette danse multiple dans toutes les chorégraphies. Mi-gigue, mi-raisin, en compagnie de la talentueuse Mélissandre Tremblay-Bourassa, propose un rythme constamment cassé, brisé, dans des chaussures déparaillées, chausson de ballerine dans un pied et bottillon dans l’autre. (re)tracer, en ouverture de spectacle, propose un rythme de l’intime et tout en douceur. Fil conducteur, en résonance corporelle, et Espace 2016, avec ses furies passagères, proposent des rythmes syncopés.

Un spectacle qui sort des sentiers battus et une belle découverte à découvrir avant qu’elle quitte Québec. Une première tournée pour la Bigico (Biennale de gigue contemporaine) et, espérons-le, pas la dernière.

 

Lisez la critique complète de Robert Boisclair sur le blogue des Enfants du paradis, le 17 mai 2018.

Photo : Valérie Sangin

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