Courir sa vie | Critique | Monsaintroch

Publié le 19 octobre 2018 par Laurence Bégin

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C’est la première. Pas juste celle du spectacle duquel il est question ici, Running Piece, présenté par La Rotonde. C’est la première des chroniques « Et toi, tu en penses quoi? ». L’idée derrière cette formule est de recueillir les impressions d’un-e citoyen-ne qui assiste à un spectacle en même temps que moi.

Comme ça, cher lecteur, tu bénéficies d’un deux-pour-un sur les points de vue.

Toujours est-il qu’hier soir, j’ai partagé mon expérience avec Laurence, qui assistait à un spectacle de danse pour la première fois. (Décidément, une première n’attend pas l’autre.) Voici ce qui en a émergé.

« So what ? »

Lorsqu’on a partagé nos impressions sur l’expérience de Running Piece, Laurence m’a confié que les premières minutes lui ont paru longues, assez pour qu’elle se fasse la réflexion suivante : « Ok, un gars qui fait du jogging sur un tapis roulant… So what ? » Et, j’avoue que j’ai également ressenti cette impatience. Mais c’est justement ce tiraillement qui nous a toutes deux amenées ailleurs.

Dans cet ailleurs où l’on se questionne. Cet endroit de notre tête qui automatiquement s’allume lorsqu’on cherche à comprendre. Puis, une fois dépassé cet amoncellement de réflexions toutes plus rationnelles les unes que les autres, notre cerveau s’ouvre aux autres possibilités. Celles qui s’adressent à la partie inconsciente.

Laurence raconte que sans trop s’en apercevoir, elle a commencé à s’attarder aux détails. Même effet chez moi. La tonicité du corps athlétique devient fascinante autant que la souplesse avec laquelle les pieds se déposent sur le tapis ou encore le visage entièrement concentré, vivant entièrement le moment présent, indifférent aux regards.

Inévitablement, quand on a fait le tour des détails devant soi, on revient à soi. On s’identifie. C’est humain. On se voit en train de courir. On se remémore. Notre corps aussi. On réalise alors que ça prend des bons genoux. On se fait des réflexions triviales comme le fait que l’on devrait recommencer à bien s’alimenter si on veut tenir la forme.

Et c’est justement à cause de cette première étape « So what? », qui nous semble anodine au premier abord, qu’on entre dans la bulle proposée par l’équipe de Grand Poney. Un espace temps concentré dans lequel chaque détail propose une texture qui évolue au rythme des pulsations.

 

Lire la critique complète de Catherine Breton, dans Monsaintroch, le 18 octobre 2018.

Photo : Dominique T. Skoltz

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