Danse : The Black Piece un spectacle plongé dans le noir | Article | Ici Québec

Publié le 3 novembre 2018 par Laurence Bégin

The Black Piece, Ann Van den Broek, WArdwaRD, photo Maarten Vanden Abeele-73

Dans une mise en scène saisissante, la compagnie néerlandaise et belge WArd waRD propose avec The Black Piece un spectacle de danse contemporaine immersif dans lequel l’assistance, à la salle Multi de Méduse, est tour à tour plongée dans le noir ou sous une lumière intense.

Dès le début du spectacle, le ton est donné. Une fois le public installé, la chorégraphe Ann Van den Broek actionne du pied l’interrupteur au sol et les lumières s’éteignent, c’est le noir total.

Les chuchotements cessent et tout le monde prête l’oreille. S’ensuit une série de sons, de voix, de rires, du papier déchiré.

Toute une gamme sonore parfois déstabilisante, parfois rassurante et qui plonge le public dans l’univers de la chorégraphe.

À l’aide d’une lampe torche, elle va alors donner vie aux cinq danseurs, disséminés sur la scène en contrebas et dans le public.

Lorsque le faible faisceau de lumière les touche, ils exécutent des pas réglés au millimètre près, loin de toute improvisation. Une caméra viendra ensuite capturer leurs mouvements pour les retransmettre sur un écran au fond de la scène.

À cela s’ajoutent les ombres projetées sur les murs, créant plusieurs bandes cinématographiques qui se déroulent simultanément.

Inspiré d’un livre

Le spectacle The Black Piece a été conçu en 2014 en Europe. La démarche créative d’ Ann Van den Broek prend naissance dans une lecture, Noir, Histoire d’une couleur de Michel Pastoreau. L’auteur analyse la symbolique du noir à travers les siècles, synonyme tour à tour de fertilité, de mort ou d’élégance.

La chorégraphe a créé son spectacle comme un caléidoscope d’émotion, de tabous, en tentant de rendre les significations positives et négatives de la couleur.

The Black Piece réunit les mêmes danseurs depuis sa création. Ann Van den Broek porte une attention toute particulière au choix des interprètes.

« Pour rapporter plus d’émotion, vous avez besoin de confiance, donc je travaille longtemps avec les mêmes danseurs », explique-t-elle. « Je choisis des danseurs aux personnalités magnifiques avec lesquelles je peux, au fur et à mesure, créer plus d’intensité »

Le directeur artistique de la Rotonde, Steve Huot, se dit particulièrement touché par The Black Piece présenté par la Rotonde.

« Ce n’est pas un phrasé chorégraphique qui est très écrit à la manière d’une performance athlétique, acrobatique ou fondée sur la virtuosité technique, dit-il. On est plus dans une présence scénique et de la théâtralité. »

La trame sonore prend toute son ampleur dans les clairs-obscurs qui ponctuent le spectacle. Elle est faite de mélodies, de voix ou de battements suspendus dans le noir. Elle vient accentuer l’expérience d’un spectacle qui ne laisse pas indifférent.

 

Lire l’article complet de Tifa Bourjouane, sur Ici Québec, le 2 novembre 2018.

Photo : Marteen Vanden Abeele

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