[BIO] Alan Lake Factori(e) – Compagnie – Gratter la pénombre

Publié le 3 février 2019 par Laurence Bégin

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Alan Lake Factori(e) est une compagnie de danse contemporaine pluridisciplinaire créée et portée par le chorégraphe Alan Lake. Ce dernier développe une approche se situant au carrefour de la danse, du cinéma et des arts visuels. Ce croisement contribue directement à définir le langage unique de la compagnie en faisant naître des univers bruts et symbolistes dans lesquels l’humain, totalement imprégné par son environnement, évolue. Basée à Québec, Alan Lake Factori(e) est dédiée entièrement à la création et à la diffusion d’œuvres chorégraphiques, d’installations et de films de danse qui mettent en scène cette interconnexion entre le corps en mouvement, l’espace qu’il occupe, et le cycle de vie et de mort qui les sous-tend. Elle se consacre aussi à promouvoir la danse contemporaine et la recherche chorégraphique par le biais de spectacles, d’ateliers, de stages, de conférences et autres activités connexes. Profondément engagée dans la communauté de la danse à Québec, la compagnie mène des projets d’envergure qui contribuent à l’effervescence de cet art dans la capitale nationale et ailleurs.

Créée en 2007 Alan Lake Factori(e) a déjà à son actif plusieurs réalisations scéniques et cinématographiques. Toutes saluées par la critique et le public, ses œuvres jouissent d’une diffusion toujours de plus en plus importante. Ainsi, les projets Chaudière, déplacement et paysages (2009) et Là-bas le lointain (2012) font naître chacun un film et une œuvre scénique et sont diffusés notamment par La Rotonde à Québec. En 2015, le spectacle Ravages, présenté à Montréal et à Québec, pousse encore plus loin la démarche proposée dans les précédentes réalisations. Cette fois, deux films de danse émergent du projet : Jardins-Catastrophes (2014), qui est diffusé au Québec et dans divers pays, et Ravages (2015), un film plusieurs fois primé, qui parcours actuellement les festivals à travers le monde. En 2016, la création « in situ » Les Caveaux, pièce audacieuse, créée et présentée dans un vieil entrepôt désaffecté de Limoilou, ouvre la saison de La Rotonde. Sa plus récente pièce, la grande forme Le cri des méduses, est un projet colossal inspiré du célèbre tableau Le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault.

J’explore la relation étroite qu’entretient le corps avec son environnement. Mes œuvres prennent donc toujours racine dans des lieux choisis pour leurs pouvoirs évocateurs. S’érigeant dans ce contexte in situ, la danse devient alors indissociable d’un milieu avec lequel elle est en constante interaction. De cette première étape de création résulte soit un film de danse, soit une présentation publique sur place. Par la suite, je procède à une transposition de ce travail initial pour sa diffusion en salle de spectacle. Je m’affaire donc à établir, grâce à une scénographie alliant installation sculpturale, matière brute et projections vidéo, un espace où l’essence du lieu précédemment investi vient se fondre aux paramètres scéniques. Ce nouvel environnement me permet de renouveler mon questionnement sur l’interrelation entre la danse, le territoire, l’art visuel et l’image en mouvement. Mes mises en scène révèlent alors les traces d’un passé évanoui qui s’arrime à la nature sauvage afin d’installer en filigrane les bases de sortes de sanctuaires. C’est dans ces arènes que mon écriture chorégraphique donne forme à d’étranges rituels païens, où les interprètes s’engagent avec fougue dans l’exploration de l’immédiateté du corps, de son souffle, de sa chair et de ses articulations. Ils tentent d’y comprendre leur propre présence tout en évoluant en présence de l’autre.

À travers ce processus, j’utilise la notion de « paysage » pour sa fonction picturale et sa fonction évocatrice. J’extrais du corps et de la matière leurs valeurs « paysagères » pour voir quels types de réalités peuvent y être dévoilées : l’ordre et le désordre, le tragique et le magnifique, la polarité du réel. Au fil du temps, l’évocation du cycle de la vie et de la mort est devenue récurrente dans ma démarche. À travers ce thème, je parle de la perte, de la trace, du sublime et de la mémoire corporelle. – Alan Lake

Photo : Antoine Caron

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