Dialogue | Critique | MonTheatre

Publié le 28 mars 2019 par Laurence Bégin

DSC_2518_by Chris Randle - Ralph Escamillan, Arash Khakpour

Pendant les 65 courtes minutes de Dialogue, cinq interprètes d’horizons différents et d’orientations diverses s’unissent pour nous offrir une œuvre d’une précision et d’une fluidité impressionnantes. Sous la direction du chorégraphe d’origine chinoise Wen Wei Wang, les différences des cinq artistes s’additionnent pour former un tout homogène où le ballet s’insère en filigrane à travers tous les mouvements.

Assister à une représentation de la riche programmation de La Rotonde, c’est souvent partir en voyage – c’est plus que jamais le cas avec Dialogue, qui rassemble des artistes chinois, iraniens, italiens et philippins, pour ne nommer que quelques nationalités, pour la plupart maintenant établis à Vancouver. Avec une telle diversité culturelle, la thématique de Dialogue s’impose : les difficultés d’intégration qu’un immigrant peut vivre dans un pays où il ne parle ni ne comprend la culture et les codes.

On peut aisément suivre les sentiments et les comportements exprimés sur scène : l’observation, l’attente, l’imitation, l’exaspération, la frustration, la solitude… Les interprètes s’apprivoisent et tentent de se redéfinir en cherchant une façon d’exprimer leur unicité dans leur nouvelle réalité.

Le spectateur peut facilement comprendre le propos et le transposer de façon plus large aux difficultés d’intégration en général : liées au sexe, à l’orientation sexuelle, à l’apparence physique, à la différence. Si l’œuvre est accessible, les interprètes sont pour beaucoup dans l’intérêt du public : ils maintiennent le contact en tout temps, et le dialogue s’installe non seulement entre eux, mais aussi avec les spectateurs. Le tout culmine avec un des interprètes qui invite une spectatrice à danser avec lui sur scène : le quatrième mur est rarement traversé de cette façon en danse. L’espace d’un instant, les sentiments évoqués sur scène par les danseurs s’incarnent dans l’attitude de la spectatrice : la crainte, l’hésitation, puis l’apprivoisement et l’abandon. C’est une finale des plus à propos : nous sommes tous différents, mais semblables à la fois.

Lire la critique complète de Sylvie Isabelle, dans MonTheatre, le 28 mars 2019.

Photo : Chris Randle

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