«De la glorieuse fragilité»: après la dernière danse | Critique | Le Soleil

Publié le 31 octobre 2019 par Laurence Bégin

De la glorieuse fragilité, par David Cannon

CRITIQUE / Avec «De la glorieuse fragilité», Karine Ledoyen parvient à livrer le résultat de sa démarche documentaire auprès d’anciens danseurs avec des tableaux dansés qui portent une joie juvénile et scintillante. La démonstration concise aurait toutefois pu aller un tout petit peu plus loin dans l’audace chorégraphique et scénographique.

La chorégraphe a déjà joué avec les costumes foisonnants, les perruques, les instruments de musique, les pluies de pétales de rose, voire avec les éléments, dans son spectacle Air. Cette fois, le spectacle s’ouvre alors que les interprètes s’affairent à ramasser les vestiges d’une fête — confettis, plancher d’or, etc., mais la majeure partie se déroule dans un dépouillement scénique quasi complet. Les corps suffisent à habiter le plateau, surmonté par un immense écran.

L’interface permet de montrer, de très près ou avec des effets déformants, les quatre danseurs, mais surtout de faire apparaître des questions et des mots-clés, tapés en direct sur un clavier par Andrée-Anne Giguère, qui manipule aussi la vidéo sur scène avec un simple téléphone.

La trame sonore est un mélange de musiques pulsées et de silences qui laissent entendre les respirations des danseurs. Des extraits de témoignages recueillis par la chorégraphe servent de trame narrative mais ne suivent pas à proprement parler une courbe dramatique. C’est plutôt comme un bruit de foule, avec ses gonflements, ses cacophonies et des moments plus intimes.

Les danseurs qui ne dansent plus décrivent les sensations qui leur manquent, de cette petite vibration aux grands feux d’artifices intérieurs, les moments de grâce en studio, la joie grisante de bouger en groupe et de s’adapter à ses partenaires de jeu.

 

Lire la critique complète de Josianne Desloges, dans Le Soleil, le 30 octobre 2019.

Photo : David Cannon

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