Dana Gingras en chute libre dans l’espace liminal | Article | Le Devoir

Publié le 19 novembre 2019 par Laurence Bégin

Frontera, par Marie-France Coallier, Le Devoir

 

Fruit des retrouvailles artistiques de Dana Gingras avec le groupe post-rock Fly Pan Am tout récemment recomposé, Frontera est une œuvre-performance où les exploits physiques se marient avec la présence de musiciens sur scène dont la musique donne de la texture aux mouvements. Le temps d’un extrait suivi d’une entrevue dans une salle de répétition du théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, les concepteurs de la pièce Frontera ont réveillé la pensée critique du Devoir, allumant une riche et vibrante conversation sur le thème de la surveillance, sur la dictature algorithmique ainsi que sur la liberté de penser au temps des réseaux sociaux.

« Au tout début, le projet s’est présenté comme une volonté d’investiguer la question des limites, des frontières. Autrement dit, tout ce qui réunit le domaine du connu de l’inconnu », raconte Dana Gingras, qui illustre le concept derrière sa chorégraphie avec la frontière invisible qui sépare son quartier de la Petite Italie de celui du Mile End. « Le chemin de fer qui sépare ces deux quartiers constitue un espace liminal. Moi, je trouve cela intéressant de constater la persistance des gens à tracer des sentiers dans cette fausse frontière. »

Dana Gingras s’est donc inspirée de ce qu’elle qualifie de « lignes de désir dessinées dans l’espace liminal » pour composer une pièce qui parle de notre façon de bouger dans l’espace urbain. « Ruth Little, notre dramaturge, répète souvent qu’à notre époque, les humains apprennent à bouger de manière algorithmique plutôt que rythmique », avance la directrice artistique de la compagnie Animals of Distinction (autrefois Holy Body Tattoo), qui a choisi des interprètes aux physiques et aux profils différents pour une pièce qui exploite à fond le thème du jeu et de la subversion.

« J’utilise beaucoup le parcours et la course libre pour parler des territoires interdits. Je voulais vraiment aller au fond de ce qui est permis et de ce qui est proscrit. Frontera fait référence à ce qui est permis et à ce qui est prescrit, des lieux restreints de liberté et de la provenance de nos résistances. »

 

Lire l’article complet de Sylvie St-Jacques, dans Le Devoir, le 19 novembre 2019.

Photo : Marie-France Coallier, Le Devoir

Publié dans , | Marqué avec , , , , , , , , | Laisser un commentaire