Suites perméables d’Emmanuel Jouthe: doux rapprochements | Article | Le Soleil

Publié le 20 janvier 2020 par Laurence Bégin

SUITES PERMÉABLES, par Mathieu Doyon

La danse peut se regarder de loin, pour en apprécier les mouvements d’ensemble, l’esthétisme et l’agencement des corps, mais elle peut aussi devenir une expérience privilégiée, où les danseurs, très proches des spectateurs, construisent un lien presque intime. Pour « Suites perméables », Emmanuel Jouthe prend le deuxième chemin.

L’expérience qu’il propose à la Maison pour la danse cette semaine est le fruit d’une longue recherche, faite à travers plusieurs laboratoires qui exploraient la notion de proximité. Une de ces séances de travail s’est déroulée au Musée de la civilisation, pendant l’exposition Corps rebelles, en 2015-2016.

Après plusieurs essais in situ, le chorégraphe montréalais a eu envie de placer les spectateurs sur scène et de restreindre l’espace réservé à la danse. Deux lignes de spectateurs formant un «L» se trouvaient devant un mur. Dans la plus récente mouture, deux rangées de spectateurs se font face et les danseurs évoluent dans un corridor d’environ six pieds (1,80 mètre) de largeur.

«Dans les premiers chapitres [de la création], l’idée n’était pas de rendre le spectateur prisonnier, mais de mettre l’emphase sur l’exclusivité, sur un point de vue unique sur une danse donnée. En changeant la disposition des spectateurs, de nouveaux points de vue devenaient possibles», explique Emmanuel Jouthe.

En enlevant le mur, le regard du spectateur peut observer ce qui se passe devant lui ou ce qui se passe ailleurs dans la salle. Entre eux, les spectateurs s’observent, s’épient, se regardent voir. Une intimité collective, ouverte et respectueuse s’installe.

 

Lire l’article complet de Josianne Desloges, dans Le Soleil, le 18 janvier 2020.

Photo : Mathieu Doyon

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