Les corps avalés dans le tourbillon de la société | Entrevue | Sorstu.ca

Publié le 17 février 2020 par Laurence Bégin

08 - Les corps avalés - crédit Raphaël Ouellet

Avec 15 personnes impliquées, Les Corps Avalés est le projet le plus ambitieux de la chorégraphe Virginie Brunelle. En représentation du 26 au 29 février à la Place des Arts, elle y dépeint le tourbillon de la société actuelle. Entre deux répétitions, Virginie Brunelle nous a parlé avec enthousiasme de sa dernière création.

La société au centre de la création

Virginie Brunelle décrit Les Corps Avalés comme « une fresque de la société actuelle », « le maelström (tourbillon, N.D.L.R) socio-politique dans lequel on vit, dans lequel on est aspiré, avalé malgré nous », où « des valeurs comme le succès et la performance nous happent ». Il ne s’agit pas ici de déclaration politique ou de réflexion psychologique, ce qu’elle souhaite, c’est nous forcer à prendre du recul sur nos vies et nos choix. Sa démarche créative vise la transmission de ses observations au public pour lui suggérer des pistes de réflexions.

Les Corps Avalés, « C’est [un titre] à la fois fort de sens et concis » dit-elle. Une concision souvent difficile à trouver lorsque, comme Virginie, on a tellement d’émotions à transmettre. « Le sentiment d’urgence, le côté sombre de la société actuelle », sont au cœur des préoccupations de la chorégraphe. « Même si bon, on n’est pas en guerre », ajoute-t-elle avec humour.

Pleine d’humilité, elle nous parle donc de son plus récent projet dans lequel elle montre la société telle qu’elle la ressent. Les danseurs sont « ces hommes et femmes confrontés à des valeurs divergentes des leurs ». Dans la chorégraphie, cela se traduit par « la dépense physique, l’essoufflement, l’acharnement, la répétition des gestes jusqu’à l’exténuement des corps».

Nous avions discuté l’année passée avec la chorégraphe Dana Gingras, qui crée avec les danseurs, et avons interrogé Virginie Brunelle sur sa propre démarche créative. Une approche qui est complètement différente : « C’est un peu intense, décrit-elle, car j’arrive très préparée et je chorégraphie tous les détails en m’inspirant des qualités des danseurs. » Six des sept danseurs des Corps Avalés ont en effet déjà travaillé avec elle dans une ou plusieurs autres créations. C’est donc avec leurs qualités en tête que Virginie Brunelle a chorégraphié Les Corps Avalés.

La musicalité pour décrire la danse

Quand nous l’interrogeons sur ce qui caractérise ses travaux, Virginie Brunelle parle de dynamique, d’une certaine qualité de mouvement qui permet de communiquer des émotions. Plus nous discutons avec elle, plus nous réalisons qu’elle aborde sa démarche chorégraphique comme on peut parler de musique. Un phénomène somme toute peu étonnant puisque c’est la musique qui est entrée en premier dans la vie de la chorégraphe, qui a joué du violon pendant 10 ans.

Elle nous décrira la création « comme on écrit une partition musicale », et mentionne alors donner des annotations : « le pianissimo, les attaques, le rallentendo, tout cela donne un sens à la musique, dit-elle, ces annotations que je donne à la gestuelle, c’est ça qui donne le ton, l’émotion ou le rire. Ces annotations, le détail dans le travail du rythme, viennent sublimer l’émotion. »

 

Lire l’entrevue complète de Céline Stoquart avec Virginie Brunelle, dans Sors-tu.ca, le 17 février 2020.

Photo : Raphaël Ouellet

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