Les corps avalés: la fresque sociale de Virginie Brunelle | Entrevue | La Presse

Publié le 22 février 2020 par Laurence Bégin

Virginie Brunelle par Marco Campanozzi

À l’invitation de Danse Danse, Virginie Brunelle investit pour la première fois, avec sa compagnie homonyme, le grand plateau du Théâtre Maisonneuve avec Les corps avalés, création pour sept danseurs portés par la musique en direct du Quatuor Molinari. Entrevue avec une chorégraphe qui tire matière à danser de ses observations du genre humain.

La dernière fois qu’on a vu une de vos créations à Montréal, c’était Beating, une pièce pour huit danseurs et une commande pour la compagnie allemande Gauthier Dance, fondée par le Québécois Éric Gauthier. Que tirez-vous de cette expérience ?

J’ai appris plusieurs choses, notamment que je ne peux pas travailler de la même façon que je le fais avec ma gang. Ce sont des délais beaucoup plus courts, il faut arriver préparé, tu ne peux pas changer d’idée 20 fois… ce que j’ai quand même fait ! [rires] C’était quand même un défi de faire entrer des danseurs de ballet dans mon univers, avec son côté plus relâché, sale, brut.

Comment cette expérience sur un grand plateau vous a-t-elle préparée à cette nouvelle création de groupe, qu’on dit votre plus ambitieuse à ce jour ?

C’est sûr que c’est vraiment différent de créer pour une grande scène que pour un espace plus intimiste, où l’émotion est dans ta face. J’ai vraiment travaillé différemment pour cette pièce, en me concentrant beaucoup plus sur l’architecture des chorégraphies, le rythme, et les tableaux de groupe aussi, ce que j’ai vraiment moins fait dans mes anciennes pièces.

J’ai aussi travaillé avec plusieurs collaborateurs, dont Marie-Josée Bastien pour la scénographie. Nous avons beaucoup réfléchi autour de l’idée de nature, qui revenait beaucoup dans nos échanges. On a finalement choisi d’utiliser notamment des bandes de gazon synthétique, une matière qui se meut, se transforme et s’utilise de différentes façons.

Votre compagnie a célébré ses 10 ans l’an dernier. Au fil du temps, vous vous êtes surtout fait remarquer pour vos pièces qui auscultaient les relations de couple, le sentiment amoureux et le désir comme Foutrement ou Complexe des genres… Abordez-vous toujours ces thématiques dans Les corps avalés ?

Je dirais que je ratisse plus large. C’est plutôt une observation de nous, individus, dans une société. Je représente donc davantage une microsociété sur scène, au-delà des rapports à deux, intimes. C’est comme si, à chaque création, je prenais un pas de recul, mais ce sont les mêmes rapports qui sont à l’œuvre, finalement.

 

Lire l’entrevue complète de Iris Gagnon-Paradis avec Virginie Brunelle, dans La Presse, le 22 février 2020.

Photo : Marco Campanozzi – La Presse

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