Quand l’oeil écoute « Les corps avalés » | Critique | Le Devoir

Publié le 27 février 2020 par Laurence Bégin

Les corps avalés par Vanessa Fortin

Indéniablement, ce qui intéresse Virginie Brunelle, c’est le phénomène musical. Non pas seulement la musique dans sa relation à la danse, mais la musique comme phénomène en tant que tel, c’est-à-dire ce que la musique produit comme expérience et comment la musique travaille la perception. Ces phénomènes propres à la musique, elle les transfuse dans son travail de la danse, à plusieurs niveaux : plans, dimensions, échelles.

La musique peut avoir un rapport direct, émotionnel, empathique sur les corps. La vibration sonore fait vibrer nos corps, c’est inévitable. L’impact est franc, incontournable, charnel, sensoriel, viscéral. La musique touche en plein coeur. Les cordes, il n’y a encore pas si longtemps n’étaient-elles pas faites de boyau ? La danse de Virginie Brunelle prend sa source au niveau du sternum, autrement dit, du siège des émotions. Depuis le sternum s’élanceront bras et jambes. L’émotion comme mouvement, l’émotion comme transport.

La musique live portée par le quatuor à cordes Molinari, installé en fond de scène, au centre, aurait pu disparaître derrière les sept danseurs. L’espace sonore dans lequel il évolue nous permet subtilement d’assister et de passer de l’intimité d’une astringence des cordes, à une amplification absolument enveloppante, ou encore à des distorsions ou des enregistrements qui nous font basculer dans un espace plus fictionnel.

On passe du focal, du point, à la sphère, et on traverse des panoramas. Comme au cinéma. Cadrage, travelling, zoom. La danse agit comme la musique. Un paysage qui défile sans cesse, qui échappe presque au regard. L’espace scénique est traité comme un plan de cinéma, avec ses effets de profondeurs de champ. Ça ne veut pas dire que la partie de l’espace qui n’est pas habité par la danse est floue, bien au contraire, il existe par contraste.

 

Lire la critique complète sur Les corps avalés par Enora Rivière, dans Le Devoir, le 27 février 2020.

Photo : Vanessa Fortin

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