La Rotonde
Alan Lake, Là-bas, le lointain : Combattre l’éphémère

Alan Lake, Là-bas, le lointain : Combattre l’éphémère

Article de Catherine Genest paru dans VOIR, le 26 avril 2012

Le chorégraphe Alan Lake allie l’impermanence de la danse à l’intemporalité de la vidéo et des arts visuels dans une oeuvre pluridisciplinaire commandée par La Rotonde.

S’étalant sur plusieurs mois de travail, le projet s’est concrétisé en août dernier avec le tournage d’un film mettant en vedette des danseurs. « Je voulais que le film inspire la chorégraphie qui allait suivre. C’était une étape de plus pour approfondir le mouvement, partager avec les interprètes », explique Alan Lake, qui s’est entouré du directeur photo François Gamache et du musicien Simon Elmaleh (L’Orchestre d’hommes-orchestres) pour réaliser ce document vidéo de 23 minutes. Un film qui explore la texture, la structure et la macro comme on sculpte ou peint une oeuvre.

Une fois les images filmées, Alan Lake et son équipe sont entrés en studio pour entamer une recherche chorégraphique en vue de la création du spectacle. Avec lui, les danseurs Arielle Warnke St-Pierre, Esther Rousseau-Morin et David Rancourt, qui ont tous joué dans le film, qui sera d’ailleurs présenté en même temps que la chorégraphie.

C’est à la suite de cette exploration collective qu’est née une gestuelle brute et fine, pour reprendre les mots du chorégraphe qui danse également dans la pièce. « On est beaucoup dans l’extrêmement collé. Comme lorsqu’on aime quelqu’un d’un profond amour qui nous donne envie de le serrer très fort, presque jusqu’à l’étranglement. »

Résultant d’un questionnement sur la vie et la mort, Là-bas, le lointain s’interroge sur les traces que l’on laisse derrière nous. « Il faut accepter l’impermanence de nos restes et l’obsédante présence de la disparition, croit Alan Lake. Je pense que la danse laisse une empreinte sur les gens, un souvenir très fort. Et ce, même si c’est un média éphémère. »

En plus du film, qui fige l’oeuvre de Lake dans le temps, la production se terminera par une exposition des résidus tangibles du spectacle installés dans le Studio d’essai de Méduse. « Le projet est parti des arts visuels, puis il y a eu le scénario du film et la recherche du mouvement. En terminant avec une exposition, j’ai le sentiment de boucler le cycle. »

Source : Voir, Catherine Genest