La Rotonde
Chantal Caron: pour l’amour du fleuve et de la danse

Chantal Caron: pour l’amour du fleuve et de la danse

17 août 2012

Article de Geneviève Bouchard paru dans Le Soleil, le mardi 14 août 2012

(Québec) Par ses créations, la chorégraphe Chantal Caron a maintes et maintes fois rendu hommage au fleuve, sa principale source d’inspiration. Celle qui s’apprête à présenter son nouveau spectacle, L’île des ailes, a récemment vu son implication fluviale prendre une autre dimension, alors qu’elle a été nommée ambassadrice du Saint-Laurent de la Fondation David Suzuki.

«Dans la Fondation, il y a beaucoup de chercheurs, de biologistes, de scientifiques, note-t-elle. De voir que je faisais un travail de démocratisation en mariant la danse avec le fleuve, ça leur a mis la puce à l’oreille et ils sont venus me chercher. Au début, ça me faisait peur parce que je ne suis pas une scientifique. Mais je me suis dit que je devais bien ça au fleuve. J’y ai tellement joué, il m’a tellement inspirée», ajoute l’artiste qui se dit préoccupée par les questions environnementales.

Ces dernières années, le travail de la chorégraphe basée à Saint-Jean-Port-Joli a été indissociable du cours d’eau voisin. Sa compagnie y tire son nom (Fleuve – Espace Danse) et ses créations, si elles voyagent jusqu’en salles, naissent sur la grève. «Quand les gens sont au fleuve et qu’ils regardent un spectacle, plus besoin d’artifice, évoque-t-elle. La nature est belle, le fleuve et les montagnes sont là. Le jumelage de la danse avec la nature, c’est tellement extraordinaire!»

Un crescendo

C’est là, en plein air et à l’occasion de la Fête des chants de marins, que sera dévoilé le nouveau spectacle L’île des ailes, suite directe de la chorégraphie Comme une odeur de varech créée l’an dernier. Avec cette oeuvre, Chantal Caron écrit un nouveau chapitre sur le parcours des oies blanches, placées au coeur de sa démarche depuis un moment.

«C’est vraiment un crescendo, laisse-t-elle entendre. On est partis de la batture et on monte étape par étape. On a parlé du varech parce que les oies viennent se nourrir de l’algue qui est sur la grève. Et elles vont sur l’île Bylot pour avoir leurs petits. Mais j’ai préféré parler de l’île des ailes. C’est plus romantique!»

Née à un jet de pierre du Saint-Laurent, Chantal Caron est fascinée par les oies depuis toujours. Elle documente sa création auprès du biologiste Joël Bêty et se fait un devoir d’aller au-delà de la grâce associée aux oiseaux. Teintés du combat que mènent les oies pour leur survie, ses mouvements sont empreints de puissance, de violence et de sensualité. «C’est très animal, explique Mme Caron. On parle d’accouplement et de survie. Et on s’entend que la survie, ce n’est pas doux. On les voit beaucoup dans l’affrontement. Ça vient du fait que les oies blanches ont à combattre le vent, le froid et les prédateurs.»

Sept danseurs donnent vie à L’île des ailes, sur une musique originale de Pierre-Marc Beaudoin. La première partie du spectacle a été confiée à la compagnie Corpuscule Danse de la chorégraphe-interprète en fauteuil roulant France Goeffroy.

Après un passage à Montréal sur le parvis de la Place des Arts en septembre, L’île des ailes poursuivra son évolution pour devenir 73° Nord, nouveau chapitre qui sera présenté du 17 au 19 janvier dans la capitale à la salle Multi de Méduse.

Vous voulez y aller?

Quoi : L’île des ailes

Quand : samedi à 20h et dimanche à 15h

où : Marina de Saint-Jean-Port-Joli

Billets : gratuit

Info : Fête des chants de marins et Fleuve – Espace Danse

Le spectacle L’île des ailes sera aussi présenté le 18 août à 16h30 au Musée maritime de L’Islet.

Marins d’ici et d’ailleurs

La 14e Fête des chants de marins se déroulera à Saint-Jean-Port-Joli du 16 au 19 août, sur le thème Figure de proue. Des artistes venus de France, des États-Unis et du Québec y déploieront leurs airs maritimes dans divers genres musicaux.

En plus du porte-parole Alan Côté, les formations québécoises Quimorucru et Bourrasque celtique sont notamment attendues. Du côté international, les Français de Pavillon noir et de Fortunes de mer ainsi que le groupe vocal Bounding Main de Chicago seront de la partie.

Plusieurs conférences sont également au menu, dont une offerte par Henri Beaudout, qui a traversé l’Atlantique à bord d’un radeau en 1956.

Détails et programmation complète

Source : Le Soleil, Geneviève Bouchard