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Dans Prismes, de Benoît Lachambre, tout n’est qu’illusion, par Daphné Bédard, Le Soleil

Dans Prismes, de Benoît Lachambre, tout n’est qu’illusion, par Daphné Bédard, Le Soleil

Critique de Prismes par Daphné Bédard parue le 23 octobre 2015 dans Le Soleil

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Benoît Lachambre a choisi de prendre le mot construction au pied de la lettre en coiffant ses danseurs de casques de chantier. LE SOLEIL, JEAN-MARIE VILLENEUVE

(Québec) CRITIQUE / Benoît Lachambre a l’habitude de proposer des pièces dérangeantes. Prismes, présentée par Montréal Danse, ne fait pas exception.

Il faut arriver dans la salle sans oeillères, prêt à embrasser les extravagances de Lachambre. Un peu sous le choc de prime abord, on prend doucement plaisir à cette suite de tableaux excentriques.

Lachambre a beaucoup étudié l’effet de la lumière sur l’oeil pour cette pièce. Il nous fait prendre part au test dès le début. Avant le début de la représentation, les danseurs circulent dans la salle pour s’amuser avec les spectateurs à différents jeux d’illusion d’optique. Deux des six danseurs montent ensuite sur scène vêtus de longs drapés et se tiennent devant des rectangles de couleur. Leurs positions évoquent l’Art déco ou l’Antiquité. L’éclairage s’intensifie et s’atténue sur eux, laissant déceler à notre oeil d’autres couleurs que celles qu’il percevait à l’origine. Les autres danseurs assis à l’avant-scène commentent ce qu’ils voient. Un exercice intéressant.

Tout au long du spectacle, sacré Meilleure oeuvre chorégraphique en 2014 par le Conseil des arts et des lettres du Québec, la lumière joue d’ailleurs un rôle important, que ce soit pour créer des ombres sur le rideau en arrière-scène ou pour magnifier les corps.

[…]

À travers tout le clinquant, deux scènes se démarquent. Celles où les danseuses Rachel Harris et Elinor Fueter poussent leurs corps à l’extrême, les laissant s’envahir de secousses qu’elles tentent de contrôler. Des moments fascinants.

[…]

Au final, Prismes est une pièce atypique qui garde l’oeil en éveil. Tout ça semble n’avoir aucun sens, mais peut-être que oui finalement. Parce qu’après tout, tout n’est qu’illusion…

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Source: Le SoleilDaphné Bédard