La Rotonde
Exister encore – Pour un flirt avec le burn out par Catherine Genest, Voir

Exister encore – Pour un flirt avec le burn out par Catherine Genest, Voir

Exister encore + F O L D S est un programme-double qui souligne la rentrée 2016 en danse, à voir jeudi 21, vendredi et samedi 23 janvier à la salle Multi de Méduse! Catherine Genest a eu le privilège de faire une entrevue avec Maryse dans les décors de Exister encore.

Maryse Damecour - Photo: Renaud Philippe

Maryse Damecour est l’une des plus intrigantes chorégraphes du moment au Québec, investie, éloquente, perfectionniste au possible. Elle nous parle de sa nouvelle création, une pièce encyclopédique sans précédent.

Tout commence en décembre 2012. Croisée un soir de buverie au Sacrilège, pub notoire du quartier St-Jean-Baptiste à Québec, Maryse Damecour récoltait les gestes des inconnus (ou pas) croisés au hasard avec sa petite caméra. « Salut! Je fais une collecte de mouvements. Est-ce que tu veux participer? » Sa phrase d’accroche ressemblait à quelque chose comme ça. Sans hésiter, une journaliste que vous êtes en train de lire (allô!) acceptait son offre. Au total, nous avons été 178 curieux, danseurs ou non, à se prêter au jeu.

Répertoriés dans un dossier Excel, ces 331 cadeaux spontanément livrés ont été baptisés par l’artiste avant d’être assemblés: ADN, le jazzman autiste, samouraï, Madonna, bras-avion, les adieux. Tous sont écrits et visibles sur des parchemins, en genre de papier Kraft un peu plus mince, dans le décor du spectacle. Une scénographie qui rappelle nos listes étouffantes de choses à faire, celles qui mènent au surmenage, à l’épuisement, aux dépressions. Un thème qui touche tout le monde. « À la base de ça, il y a une démarche 100% enracinée dans un questionnement sur la société contemporaine hyperactive. Quand on étudie les théories de Carl Jung, on réalise que l’humain, comme toutes choses dans la nature, est fait pour avoir des périodes d’activités et des périodes de dormances. Aujourd’hui, on valorise beaucoup plus la sphère active que la sphère de dormance, de digestion et tout ça. Je pense que ça crée un déséquilibre et un genre de petite maladie mentale collective, un trouble d’attention généralisée. »

Cette pièce, c’est aussi une mise en abîme. C’est une réflexion sur la pression qu’elle se met pour tout faire vite, performer dans un domaine où beaucoup sont formés et peu en font un métier. « C’est intéressant parce que ça s’inscrit dans un processus de production où je suis seule, avec peu d’argent, donc tout à faire avec peu, et que au fond ma vie en ce moment c’est comme la pièce. […] Avec Exister encore, je veux exorciser ça, le dénoncer et chasser ça de ma vie. »

Néanmoins bien entourée par une équipe de concepteurs inspirés dont l’éclairagiste Philippe Lessard Drolet, Maryse Damecour a confié la trame sonore à l’artiste multidisciplinaire Mériol Lehmann. Des retrouvailles, puisqu’ils avaient travaillé ensemble sur La petite mort au printemps 2013. « Lui et moi avons choisi de lui imposer une contrainte. Toute la musique, tous les sons proviennent entièrement de la collecte de mouvements, donc de ma petite caméra. » Une idée cacophonique sur papier, mais, étrangement, hyper mélodique au final.

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Source: VoirCatherine Genest.