La Rotonde
Exutoire dansé

Exutoire dansé

23 novembre 2012

Article de Catherine Genest, paru dans VOIR, le 22 novembre 2012

«Révélée par Cocoon il y a presque deux ans, l’ex-anthropologue devenue chorégraphe et interprète Annie Gagnon s’apprête à mettre au monde sa plus récente création. Une nouvelle oeuvre présentée dans le cadre d’Émergences chorégraphiques.

« C’est fou l’importance qu’a Première Ovation, qui rend Émergences chorégraphiques possible, pour le milieu de la danse à Québec. Faut que ça reste, sinon la communauté va mourir. » Finissante de L’École de danse de Québec en 2009, Annie Gagnon a su faire sa place rapidement sur la scène de la Vieille Capitale. Une place encore précaire, pour laquelle elle continue de travailler fort malgré les contrats qui se succèdent. « J’ai travaillé sur Père et mère de Mario Veillette, Intime de Caroline Drolet et Imagination du monde par Hanna Abd El Nour. Après Cocoon, ça s’est enchaîné vite pour moi. »

Si Annie s’est intéressée aux insectes avec Cocoon, sa deuxième création va dans une tout autre direction. « Steve Huot de La Rotonde pensait que j’allais être dans mes insectes pour toujours. Mais là, on est vraiment loin. »

Puisant à même une phase difficile dans sa vie personnelle, la nouvelle pièce d’Annie est née d’une recherche en solo, seule en studio. « L’automne 2011 a été une période très noire pour moi. Je me suis inspirée de ces moments où tu perds tes repères. De ces moments où tu te dis: « C’est un cauchemar, je vais finir par me réveiller. » Avec, pour image, celle d’une maison à l’envers. »

Question d’ajouter encore plus de profondeur à l’interprétation, Annie dirigera ses deux danseuses en les situant dans un univers physique bien réel: la Tchétchénie. « Comme jeune adulte, j’ai beaucoup voyagé. Je suis allée en Russie trois fois, en 1997, 2001 et 2003. Le conflit en Tchétchénie m’a beaucoup marquée. J’y repense même quand je ne veux pas. Pour moi, c’est le génocide dont personne parle », confie la chorégraphe en ajoutant que la trame musicale de sa nouvelle création a été prise sur un vieux disque de musique tatare acheté en voyage. Une musique lourde de sens, qui lui évoque la guerre. « À certains moments dans la pièce, j’aimerais que le public sente qu’il y a une tension. Qu’on sente que ce n’est plus sécuritaire. »

Émergences chorégraphiques 2012
Du 28 novembre au 1er décembre, 20 h
Au studio d’Essai de Méduse»

Source: Voir, Catherine Genest

 
 

 
 
 

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