La Rotonde
La dernière création envoûtante du chorégraphe Yvann Alexandre

La dernière création envoûtante du chorégraphe Yvann Alexandre

Le chorégraphe ligérien Yvann Alexandre a dévoilé mardi au THV sa dernière création, « BLEU. ». Une pièce baroque et charnelle qui a littéralement séduit une salle presque comble.

Sept danseurs en plateau. Deux hommes et cinq femmes. « BLEU. » signe le retour, dans les créations d’Yvann Alexandre, d’une équipe féminine. Au sol, un tapis blanc d’où semblent s’élever des volutes bleutées. Le chorégraphe l’a voulu telle « une plaine sombre, un paysage-cimetière austère et élégant ».
Ce tapis, c’est encore la peau, marquée par l’ecchymose, le bleu sur la peau. « La pièce parle de l’impact, de ce qui remonte à la surface après les heurts », évoque le chorégraphe. « BLEU. » met en scène, explique-t-il, « sept corps en tension, en lutte, en errance et en élégance, qui nous guident pas à pas au plus profond de la matière humaine ».

Steven Berg, Anthony Cazaux, Lucile Cartreau, Lucie Garault, Emma Mouton, Claire Pidoux et Marie Viennot donnent toute son essence à « BLEU. ». Les créations lumière et sonore sont, respectivement, d’Olivier Blouin et de Jérémie Morizeau.

Steven Berg, Anthony Cazaux, Lucile Cartreau, Lucie Garault, Emma Mouton, Claire Pidoux et Marie Viennot donnent toute son essence à « BLEU. ».

 Les corps se dévoilent
Le chorégraphe nous livre, dans cette dernière création – envoûtante – une composition très graphique. Dans cet univers noir et blanc, la peau des protagonistes se livre, se révèle, se détache davantage encore. Au fil des pérégrinations, les corps se dénudent et se dévoilent, jamais vulgaires, tout en pudeur.
Pièce charnelle et baroque, « BLEU. » renvoie à l’instinct, dans ce qu’il a parfois d’animal, suggéré par le bruit des corps en mouvement, le souffle haletant et les regards fiévreux. Chaque son convoqué – le goutte-à-goutte de l’eau, les éléments qui se déchaînent, le cri des oiseaux… – participe à cette forme de transe que côtoient des moments d’apaisement : instants silencieux ou bien magnifiés par la musique de Bach, Schubert et Couperin.
À Paris et Avignon
Artiste associé en compagnonnage avec le THV de Saint-Barthélemy depuis quatre ans, Yvann Alexandre a rejoint cette année le cercle très restreint des artistes invités à se produire dans les Monuments nationaux.

Lisez l’article de Mireille Puau, Courrier de l’Ouest, 2 février 2017 ici.