La Rotonde
L’atteinte de l’inatteignable

L’atteinte de l’inatteignable

Article de Kathryne Lamontagne, paru dans Le journal de Québec, le 8 décembre 2012

« Harold Rhéaume ne pourrait pas être plus heureux. Après avoir passé les 12 dernières années à présenter ses créations dans les rues et à la salle Multi de Méduse, le chorégraphe offrira sa plus récente œuvre, Fluide, sur les planches tant convoitées du Grand Théâtre de Québec. Une première en 20 ans.

Le fondateur du Fils d’Adrien danse deviendra en effet le premier chorégraphe de Québec à se produire sur la scène de la salle Octave-Crémazie mardi, deux décennies après que la défunte compagnie Danse Partout eut occupé l’espace. Un rêve devenu réalité pour le chorégraphe, visiblement excité à quelques jours de la première.

Le déclic

«Pour moi, le Grand Théâtre, c’était la consécration. C’était ce qu’il y avait de plus gros, ce n’était pas quelque chose d’accessible. Ce n’est pas que j’avais arrêté de rêver… C’est juste que je me disais que c’était comme ça, que ce n’était pas pour moi», explique celui qui a dansé et créé à Ottawa, puis à Montréal, avant de revenir à Québec, en 2000.

L’espoir s’est toutefois pointé le bout du nez au cours des dernières années, alors que le centre chorégraphique La Rotonde s’est associé avec le Grand Théâtre pour présenter des spectacles de danse à grand déploiement provenant des quatre coins du monde. Harold Rhéaume s’est donc assis avec les deux diffuseurs, il y a un an et demi.

«Avec Fluide, j’avais envie d’arriver avec une pièce qui avait un peu plus de danseurs. Être sur un plus grand plateau», explique-t-il, précisant que l’idée lui était venue vers la fin des représentations de Nu, sa précédente création, qui a tourné un peu partout durant quelques années. «J’avais déjà les prémisses du projet suivant», ajoute-t-il.

Appuis

Son projet séduit à un point tel que deux autres producteurs, le Festival Danse Canada, où Fluide a été présenté en première en juin, et l’Agora de la danse, qui accueillera la proposition en février, ont aussi accepté de financer le projet. Harold Rhéaume pouvait désormais se rendre là où son inspiration le mènerait.

«J’avais envie de poursuivre ma quête fondamentale pour l’humain, qui transparaît dans toutes mes créations. Ce sont sa solitude, ses rencontres, son dépassement, ses aspirations. Le monde qui m’entoure m’affecte beaucoup de par son manque d’humanité, de collaboration, de communauté. Fluide, pour moi, c’est ça», résume-t-il.

Noir sur blanc

Le résultat final met en scène quatre hommes et trois femmes, tous vêtus des créations sombres de Philippe Dubuc, designer qui avait conçu les 19 uniformes pour le spectacle déambulatoire Je me souviens d’Harold Rhéaume, présenté à l’été 2011 et 2012. Ensemble, les interprètes s’élancent sur un décor immaculé, rehaussé par un meuble blanc, partie intégrante de la chorégraphie.

«Ils forment une espèce de microsociété. Ils sont là, avec l’autre, pour l’autre. Ils sont ensemble comme un maillage. Il y en a un qui bouge, ça influence l’autre. C’est une codépendance, mais à l’intérieur de laquelle il y a des conflits, la recherche de l’identité, l’importance de se démarquer, le rejet par les autres, la différence», illustre-t-il.

Après ses représentations au Québec, Harold Rhéaume n’exclut pas d’exporter son nouveau bébé à l’international. Il a par ailleurs conçu deux «versions» de Fluide, permettant aux danseurs d’évoluer dans un environnement plus petit que le Grand Théâtre par exemple. »

 
Source: Le journal de Québec, Kathryne Lamontagne

 

Le Grand Théâtre de Québec et La Rotonde présenteront Fluide les 11-12-13 décembre prochains dans la salle Octave-Crémazie.

 
 

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