La Rotonde
Les Mille batailles de Louise Lecavalier, par La Tribune

Les Mille batailles de Louise Lecavalier, par La Tribune

Pour créer Mille batailles, son nouveau spectacle, Louise Lecavalier a emprunté un nouveau chemin créatif. Pour la première fois de son parcours professionnel, la chorégraphe et interprète a travaillé en se regardant danser. C’est-à-dire qu’elle filmait ses répétitions sur iPad. Elle visionnait ensuite les extraits captés. Avec détachement. Et fascination. Comme si c’était une autre qu’elle qui bougeait à l’écran.
« Arriver à faire ça, c’est nouveau pour moi », dit celle qu’on a d’abord connue au sein de la compagnie montréalaise La La La Human Steps. « Ça m’a amenée à travailler d’une autre façon. Alors que, pour So Blue, ma précédente chorégraphie, j’y suis allée beaucoup à l’instinct, il y avait cette fois un aspect plus réfléchi. J’ai vu un personnage apparaître au fil des séances. »
Ce personnage aux contours d’abord indéfinis a pris du coffre et s’est précisé. Dans les mouvements comme dans l’énergie déployée, Louise Lecavalier reconnaissait le chevalier inexistant, antihéros phare du roman éponyme d’Italo Calvino.
La créative chorégraphe a racheté le bouquin qu’elle avait lu dix ans plus tôt. Et elle s’est laissée transporter par l’univers de l’écrivain. Particulier, quand même. Parce que le chevalier qui a nourri son imaginaire n’existe pas. C’est-à-dire que sous son armure blanche, il est dépourvu de corps. Et par définition, la danse est un art incarné et habité.
« C’est pour ça que je trouvais ça aussi intéressant. La danse est tellement dans le corps! En même temps, elle est aussi beaucoup ailleurs que dans le corps. J’aimais le contraste. Cela dit, je ne me suis pas limitée. L’idée n’était pas de raconter l’histoire du roman, mais de m’imprégner de celle-ci, de m’inspirer de ce qu’elle faisait naître. Elle m’avait touchée par son côté impossible, par l’idée de faire d’un personnage inexistant le pivot d’un récit. J’aime aussi l’humour subtil de Calvino, le voyage hors de nous-mêmes qu’il propose. »
Reste que, bien avant le roman, c’est d’abord le geste qui a tracé le chemin et semé l’idée de cette création qui se déploie en neuf tableaux liés les uns aux autres.  [ …]
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Musique sur mesure
Le compositeur et musicien Antoine Berthiaume partage les planches avec les deux interprètes. En retrait. Comme un troisième personnage de l’oeuvre dansée.
« Antoine a mis sa griffe au projet alors que la chorégraphie était déjà bien avancée. Pour créer une trame sur mesure, il a composé à partir de la chorégraphie et des pistes musicales que j’avais utilisées. C’était la première fois que je procédais ainsi et c’était vraiment stimulant. Entre nous, il y a eu plusieurs allers-retours créatifs et il a su insuffler sa couleur. »
Ce nouveau spectacle signé Louise Lecavalier a été applaudi en Europe, à Calgary et à Montréal. [ …]

Apprenez-en sur les méandres du processus créatif propre à cette oeuvre dans l’article de Karine Tremblay sur La Tribune, ici.