La Rotonde
L’éveil à la conscience, par Frédérique Doyon, Le Devoir

L’éveil à la conscience, par Frédérique Doyon, Le Devoir

Article de Frédérique Doyon paru dans Le Devoir, le 15 novembre 2015, à propos de L’Éveil de la compagnie Le fils d’Adrien danse, qui ouvrira notre saison 2015-2016.

L'Éveil par Éliot Laprise

Les thèmes de L’éveil sont déclinés en tableaux comme autant de cartes postales de l’intime et du groupe, où les danseurs jouent et les acteurs dansent, en dialogue avec un travail vidéo omniprésent. Photo: Eliot Laprise

Entre danse et théâtre, Harold Rhéaume s’attaque à la pulsion et à la fougue qui guident les premières expériences.

Dix ans après Clash ! le chorégraphe Harold Rhéaume signe une nouvelle pièce inspirée de l’adolescence. L’éveil lance le 13e festival Les Coups de théâtre. Entretien sur l’écriture dédiée — ou non — aux ados.

Le jeune apathique que rien n’allume, très peu pour Harold Rhéaume. C’est plutôt sa fougue qu’il exalte. Celui qui faisait péter les couleurs et la culture pop dans Clash ! en 2005 investit toutefois un terrain plus poétique avec L’éveil. Au point où, avec le temps, l’étiquette « pour adolescents » s’est estompée pour en faire un spectacle « tout public ».

« C’est un show sur l’état adolescent, précise le chorégraphe tout juste rentré du Mexique, où il collabore à la nouvelle création du Cirque du Soleil conçue pour un tout inclus de la Riviera Maya. Je me suis rendu compte que les ados eux-mêmes n’ont pas envie de juste se faire parler d’eux, de ce qu’ils vivent. » Un constat bien senti au fil des escales de la compagnie dans les polyvalentes de la capitale, où elle invitait les gens à participer activement à la création.

Entre danse et théâtre, la pièce est cocréée et mise en scène par Marie-Josée Bastien, du Théâtre Les Enfants Terribles, qui en signe aussi le texte avec le jeune auteur et comédien, Steve Gagnon. Au départ, tous deux avaient envie de s’attaquer à la pièce L’éveil du printemps de Frank Wedekind, satire dramatique de la fin du XIXe siècle mettant en scène des adolescents submergés par leurs désirs qui cherchent leur place dans le monde. « On s’en est vite dissocié, dit le directeur artistique de la compagnie Le Fils d’Adrien danse, qui réside au Centre chorégraphique La Rotonde de Québec. C’est une adaptation très libre parce qu’on a réalisé que les thématiques qui nous intéressaient touchaient l’adulte autant que l’ado. »

Un trait peut-être plus spécifique à l’adolescence surnage : cette rage ou pulsion qui pousse à réaliser des choses, qu’on perd parfois en devenant adulte. Les six interprètes — les danseurs Jean-François Duke, Odile-Amélie Peters, Ariane Voineau et les comédiens Gabriel Fournier, André Robillard, Claudiane Ruelland — abordent sinon tous ces phénomènes qui émergent, ces sentiments qui affluent et parfois s’entrechoquent à cet âge comme à d’autres : éveil de la conscience de soi et de l’autre, du désir, de l’angoisse et, surtout, soif d’absolu et d’appartenance au groupe.

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Source: Le Devoir, Frédérique Doyon.