La Rotonde
Ma soeur Alice: Alice en éclats

Ma soeur Alice: Alice en éclats

Article de Josianne Desloges paru dans Le Soleil le lundi 19 mars

 
(Québec) «Qui êtes-vous?» demanda la chenille. «Je ne sais trop, monsieur», répondit Alice. «Je me suis transformée tant de fois depuis ce matin!» La quête identitaire et fantasmagorique de l’héroïne de Lewis Carroll a inspiré au chorégraphe Daniel Bélanger Ma soeur Alice, un spectacle où les moments marquants de l’adolescence deviennent des tableaux dansés, vidéo et musicaux. Il nous invite à passer de l’autre côté du miroir.

«L’idée est apparue en 2005, alors que je voulais créer un show jeune public. Je lisais des histoires le soir à mon petit garçon, et chaque fois que je lisais une autre histoire qu’Alice, il me demandait où était le lapin blanc… Je me suis dit : « Tiens, ça accroche, il y a quelque chose là »», raconte Daniel Bélanger, directeur et chorégraphe de la compagnie de Québec Code Universel, qui a présenté Quatuor pour la fin du temps et Fragments.

Le concept a mûri, le public visé aussi. Déjà, lors de la première mouture présentée en 2009, Daniel Bélanger parlait d’un spectacle pour jeune public «plus âgé». En 2012, il croit plutôt que son spectacle s’adresse aux jeunes adultes et aux adultes, tout comme l’histoire qui l’a inspiré. «Mais je ne me contente pas seulement d’un fil, d’une trame, je préfère aller chercher le contexte dans lequel le conte a été écrit, des informations sur l’époque, les spéculations sur l’auteur…» indique-t-il.

Changeant sans cesse de format, Alice ne se sent jamais à sa place, elle est inconfortable, plurielle. Son image d’elle-même est fragmentée. «Ça parle de rituels, de changements, de passages. En création, nous avons partagé des moments marquants de nos parcours de vie pour s’en inspirer», souligne M. Bélanger. Sur scène, les interprètes, garçons et filles, seront tous un peu des Alice.

Les premières fois

Des personnages tiraillés par les mouvements de gang, à la recherche de leur vrai Moi. Un des danseurs viendra raconter sa première rencontre amoureuse, nécessairement marquée par l’inconfort et la maladresse, dans une cabane à sucre, qui plus est. «Le décor de la scène est assez rigolo, parce que tout se trouve dans une petite valise, la minicaméra vivifie tout ce qui s’y trouve, tout est faux», explique le chorégraphe.

Nous aurons aussi droit à une scène de bal, le moment de danse incontournable de toutes les adolescences auquel tous les membres de l’équipe de création (à l’exception du chorégraphe) tenaient mordicus. «Moi ça ne m’évoquait pas grand-chose, je ne voulais pas mettre ça en scène. Mais soudain, l’idée que ce soit la scène où tous les masques tombent m’a intéressée», raconte ce dernier.

Le Soleil a pu assister à un bout de répétition en studio la semaine dernière : une scène de groupe, marquée par la musique survoltée de Steve Hamel à la batterie et Jonathan Bélanger à la guitare, qui chanteront à plusieurs moments dans le spectacle. Ça promet. Surtout qu’il y aura, en plus, du montage vidéo en direct signé Philippe Lessard-Drolet.

Des images de caméras de surveillance feront un clin d’oeil moderne à De l’autre côté du miroir, presque toujours entremêlé avec Alice au pays des merveilles dans les adaptations livresques ou cinématographiques, explique Daniel Bélanger. «J’aimais cette idée de la webcam qui permet de se transposer à un autre endroit, et ces vidéos YouTube ou autres, qui sont un drôle de miroir de la société. Ce sont des aspects de notre intimité qui sont dévoilés. Aussi, cette idée de montrer une image de ce qu’on aimerait être, et non de ce qu’on est vraiment.»

Vous voulez y aller?

Quoi : Ma soeur Alice, présentée par la Rotonde

Qui : Code Universel

Quand : jeudi, vendredi et samedi à 20h

Où : à la salle Multi de Méduse

Billets : 19 $, 32 $

Téléphone : 418 643-8131

Source : Le Soleil, Josianne Desloges

 

 

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