La Rotonde
Musique rock et univers sombre

Musique rock et univers sombre

05 novembre 2012

Article de Kathryne Lamontagne, publié dans Le journal de Québec, le 3 novembre 2012

Questionner les dictatures, les embrigadements, la société versus l’individu, voilà ce que propose Political Mother, première œuvre longue du chorégraphe israélien Hofesh Shechter, véritable sensation mondiale de l’univers de la danse.

Déjà acclamée dans une vingtaine de villes en Europe, cette création intense – autant visuelle que sonore – débarque lundi sur les planches du Grand Théâtre de Québec avec dix danseurs et sept musiciens rock. Political Mother est décrit comme étant une œuvre «coup de poing», à la fois forte et sombre.

Q Pourquoi avoir senti le besoin d’exploiter ces atmosphères?

R «Je n’aime pas nécessairement ça, mais ce sont des choses auxquelles je me sentais très connecté au moment de la création. La noirceur a certainement quelque chose à voir avec une certaine frustration envers la réalité qui m’entourait, un certain sentiment d’impuissance.»

Q Est-ce plus facile pour vous de créer quand vous êtes dans cet état d’esprit?

R «Ça dépend où je suis dans la vie. Mais à cette période, c’était plus facile. Il y avait quelque chose de créatif dans toute cette haine et cette frustration. Peut-être quand je serai vieux et satisfait de moi et du monde qui m’entoure, le travail sera plus heureux. Mais je ne sais pas si c’est possible de me guérir!»

Q En plus de la chorégraphie, vous signez aussi la musique rock jouée directement sur scène. Pourquoi avoir fait appel à ce style musical, très peu exploité généralement en danse?

R «La musique permet de donner un élément de pouvoir au travail. Plusieurs personnes aiment la musique; donc, de l’avoir en direct, sur scène, ça peut permettre de mieux connecter, de mieux sentir la pièce. Il y a quelque chose de structural, qui supporte le contenu et qui lui donne plus de force.»

Q Est-ce que vous croyez que Political Mother reste accessible malgré tout?

R «Ça dépend. C’est une pièce assez extrême. Des gens vont tomber en amour et d’autres vont l’accueillir de manière très négative. C’est accessible dans le sens qu’il y a une certaine atmosphère, il n’y a pas d’histoire ou de narration. Il y a plusieurs moments où les gens pourront créer leur propre histoire, il y a une place à l’imagination.»

Q Vous avez connu un grand succès avec Uprising et In Your Rooms, présentées au Grand Théâtre en 2009. Avez-vous senti une certaine pression lorsqu’il a été temps d’entamer Political Mother?

R «J’ai senti plusieurs choses. Je ne sais pas si les gens s’attendaient à ce que j’échoue horriblement ou que le prochain travail soit exceptionnel. Mais je me suis rendu compte qu’ils me faisaient confiance. Le sentiment de confiance avec un auditoire, c’est comme l’amour. Tu sens quelque chose de réconfortant, tu sens que les gens vont accepter, peu importe ce que tu fais.»

Source: Le journal de Québec, Kathryne Lamontagne

 

Le Grand Théâtre de Québec et La Rotonde présenteront Political Mother le 5 novembre prochain dans la salle Louis-Fréchette

 
 

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