La Rotonde
Noires clownesses, par Frédérique Doyon, Le Devoir

Noires clownesses, par Frédérique Doyon, Le Devoir

20 octobre 2014

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À l’occasion de la venue du spectacle Gustavia à Québec, Montréal et à Sherbrooke, Frédérique Doyon nous offre un article éclairant sur l’univers loufoque et inspiré de Mathilde Monnier et La Ribot.

«Gustavia» ou les postures et impostures de deux femmes artistes contemporaines

Mathilde Monnier et La Ribot forment un duo-choc pour revisiter à leur manière féminine les classiques du burlesque.

La déferlante chorégraphique française de l’automne est à son comble. Alors que le Ballet de l’Opéra de Paris offre le nec plus ultra de la danse classique à la Place des Arts, deux figures majeures de la scène contemporaine s’amènent pour un tête-à-tête à Québec, puis à Montréal. Mathilde Monnier, ex-directrice du Centre chorégraphique national de Montpellier, et la performeuse La Ribot jonglent avec les codes du jeu clownesque.

« Gustavia est le nom d’une femme qui peut nous contenir toutes les deux, indique en entrevue la performeuse, surtout soliste, Maria José Ribot, dite La Ribot, que Montréal a pu découvrir dans le solo Still Distinguished lors du défunt Festival international de nouvelle danse en 2001. Nous sommes très différentes de caractère et dans notre façon de voir le monde, mais il y a une ressemblance physique et une complicité naturelle qui nous unit. » Les deux artistes se connaissent depuis les années 1980 et avaient toujours voulu créer quelque chose ensemble. C’est en 2008 que la pièce a finalement vu le jour.

Figure de proue de la nouvelle danse française qui a émergé dans les années 1980, Mathilde Monnier est réputée pour son travail actif de collaboration artistique — avec le philosophe Jean-Luc Nancy, l’auteure Christine Angot et plus récemment le chanteur Philippe Katerine — mené au CCN de Montpellier entre 1994 et 2014 (elle vient de prendre la direction du Centre national de la danse de Pantin). Elle voulait depuis longtemps travailler sur la figure du clown, raconte La Ribot.

« Je me suis lancée là-dedans avec beaucoup de confiance, dit la performeuse d’origine espagnole, longtemps basée à Londres et qui vit maintenant à Genève avec le chorégraphe Gilles Jobin. J’admire profondément l’intelligence collaborative de Mathilde. »

Le clown et le thème du burlesque qui en a émergé étaient pourtant loin de l’intéresser au départ. « Pour moi, le comique ne vient jamais sans le tragique », dit celle qui tenait à explorer aussi « la violence et la virilité du clown ».

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Source: Le Devoir, Frédérique Doyon.