La Rotonde
Ravages : la danse de l’orage vrombissant, par Philippe Couture, Voir

Ravages : la danse de l’orage vrombissant, par Philippe Couture, Voir

Critique de Philippe Couture parue dans Voir Montréal le 16 avril 2015.

Ravages, courtoisie Alan Lake Factori(e)

Applaudi depuis quelques années à Québec où son esthétique mixant danse, vidéo et plasticité a la cote, le chorégraphe Alan Lake propose avec Ravages une danse orageuse et chargée, évoquant la puissance de la nature et les mystères de la forêt.

À la base de Ravages, il y a un film d’art, tourné dans les bois à St-Raymond de Portneuf avec ses danseurs, alors que la nature endormie se réveillait doucement et mutait vers la tempête. Des bribes de ce film orageux apparaissent sur les toiles de tulle en semi-transparence, montrant des danseurs aux visages salis par la boue, leurs corps s’agrippant aux parois d’une cabane de bois avant le déchaînement de la nature, dont on sent gronder les signes avant-coureurs. Dans de très jolis jeux d’échelle et de surimpressions, la gestuelle des danseurs en scène (Dominic Caron, David Rancourt, Esther Rousseau-Morin et Arielle Warnke St-Pierre) fait écho à celle de leurs doubles écraniques sans simplement la calquer, comme dans un miroir déformant ou dans le liquide révélant doucement une photo différant du souvenir.

La danse d’Alan Lake, dans cet univers visuel soigné qui met aussi les danseurs en relation avec le bois, est poétique sans être abstraite, évoquant concrètement le climat orageux qui transperce les corps ou la traversée des obstacles naturels de la forêt. Elle est tour à tour raide et musclée, puis sensuelle et arrondie, avant de s’assagir pour raconter une nature calme, propice à la sérénité ou à un soupçon de sacré.

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Source: Voir Montréal, Philippe Couture.