La Rotonde
Revisiter Le Bagne, par Denis-Daniel Boullé, Fugues

Revisiter Le Bagne, par Denis-Daniel Boullé, Fugues

Article de Denis-Daniel Boullé publié dans Fugues le 21 septembre 2015

Bagne, courtoisie PPS Danse

Il y a 22 ans, les chorégraphes et danseurs Pierre-Paul Savoie et Jeff Hall se livraient à un duo au masculin sur scène explorant par le geste et le mouvement la versatilité de la condition humaine, ou du moins celles des hommes. Et le bagne comme métaphore de la propre prison que nous nous construisons pour nous protéger en oubliant qu’elle nous éloigne de l’autre, de la rencontre, du partage. Bagne a été représenté plus de 115 fois sur les scènes d’ici et d’ailleurs. Et les créateurs ont aussi créé Bagne au féminin avec deux danseuses au milieu des années quatre-vingt-dix. Voilà que pour célébrer les 25 ans de la compagnie PPS, Pierre-Paul Savoie a décidé de reprendre Bagne pour l’amener plus loin. Si l’esprit reste le même, des nouvelles voies se sont ouvertes pour le chorégraphe qui reconnaît avoir toujours ressenti que le Bagne d’il y a 25 ans n’était pas selon lui tout à fait abouti. Rencontre avec le chorégraphe.

Pourquoi Bagne et pas une autre pièce de votre répertoire pour marquer ce 25e anniversaire ?
Cela fait plusieurs années que je veux remonter Bagne parce que depuis longtemps, je trouve qu’il y a quelque chose que je n’ai pas conclu dans cette pièce. Je trouvais avec le recul que la trame dramatique de la pièce n’avait pas atteint son plein potentiel. J’ai donc voulu la recréer en faisant appel à d’autres concepteurs, et reprendre des éléments de la pièce originale. De partir de la pièce originale et de trouver dans cette rencontre entre deux hommes sa résonance actuelle. J’ai donc appelé Jeff [Hall] et lui ai demandé s’il voulait participer à cette « re-création ». Nous avons même pensé un moment « re-danser » Bagne, mais en même temps, il y avait trop de défis physiques et nous avions peur que nos corps ne suivent pas. Nous avons donc préféré nous tourner vers une nouvelle génération de danseurs. Cela permet aussi de laisser autre chose émerger à travers de jeunes danseurs. Et quand je regarde le résultat, le langage chorégraphique, le travail des danseurs, la dramaturgie, l’environnement sonore, d’une part cela rejoint ce que nous cherchions, et d’autre part c’est encore beaucoup plus fort que ce que nous avions créé il y a 25 ans. Le langage a beaucoup changé et l’environnement sonore est extra-ordinaire. Il y a un raffinement esthétique. Je pense que le public sera impressionné.

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Source: Fugues, Denis-Daniel Boullé