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Sylvain Émard Danse / Ce n’est pas la fin du monde : Mâles affrontant l’adversité, par Philippe Couture, Voir

Sylvain Émard Danse / Ce n’est pas la fin du monde : Mâles affrontant l’adversité, par Philippe Couture, Voir

Article de Philippe Couture publié dans le Voir le 30 janvier 2015

Ce n'est pas la fin du monde, par Valérie Simmons

Photo : Valérie Simmons

Avec une distribution masculine de 7 danseurs, Sylvain Emard explore un territoire de combativité et d’adversité dans Ce n’est pas la fin du monde, une pièce d’hommes confrontés à l’imminence de notre disparition.

Dans son précédent spectacle Fragments volume 1, déjà, Sylvain Emard s’inspirait de la notion d’urgence. «Cette expérience, dit-il, m’a donné l’irrépressible envie de reprendre le même sujet avec un groupe d’hommes.»

Ce n’est pas nécessairement un travail sur la masculinité, toutefois. Considérant que ce monde arrive à sa fin et qu’il est de plus en plus hostile à l’homme, la pièce part du postulat que ces 7 danseurs (Adam Barruch, Dylan Crossman, Mark Medrano, Laurence Ramsay, Manuel Roque, Neil Sochasky et Georges-Nicolas Tremblay) vivent dans un monde d’adversité, un environnement en déclin, dans lequel il faut se débattre. «Évidemment on n’échappe pas à l’énergie mâle, dit-il, et la puissante présence physique de ces hommes nous fait naviguer dans l’état d’esprit de l’homme contemporain. Mais le spectacle présente un homme multi-facettes et une masculinité explorée dans un certain multiperspectivisme. Et même si on travaille en premier lieu les motifs de la force, de l’agressivité et de la combativité, on travaille aussi la vulnérabilité et la fragilité de l’homme. Ça peut paraître cliché de dire ça mais, honnêtement, en danse contemporaine dans les distributions mixtes, il est souvent difficile de se sortir de l’image de l’homme séducteur et de l’homme fort qui porte le corps de sa partenaire. Je me permets cette fois de m’en affranchir.»

Chaque époque a eu l’impression d’arriver au bord du gouffre, de s’approcher de la fin du monde. Mais, indéniablement, la déliquescence de la planète est devenue indéniable et les générations actuelles ne peuvent plus nier qu’elles sont proches de leur propre finitude. «C’est de là que naît, pense Sylvain Emard, le sentiment de trouble et de confusion que notre pièce cherche à explorer, de même que la gestuelle que nous avons développée évoque larecherche d’équilibre, le désir d’inverser le cours des choses. Les désastres écologiques qui nous guettent me paraissent d’ailleurs être une bonne métaphore des autres fins du monde: fin des utopies, fin du couple, etc.»

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Source: Voir, Philippe Couture.