La Rotonde
Un énorme défi physique pour Louise Lecavalier, par Yves Leclerc

Un énorme défi physique pour Louise Lecavalier, par Yves Leclerc

Louise Lecavalier et Robert Abubo présentent, avec Mille batailles, la quête d’un chevalier et de son écuyer qui s’engagent dans des combats philosophiques, farfelus et un peu étranges.

                                                Crédit photo: André Cornellier

 

Pour sa nouvelle création Mille batailles, Louise Lecavalier s’est retrouvée face à un énorme défi physique et un spectacle de danse où les temps morts sont à peu près inexistants. Un défi qu’elle qualifie d’énorme.

Créé en février 2016 à Düsseldorf en Allemagne et présenté une soixantaine de fois au Canada, aux États-Unis et en Europe, Mille batailles s’arrête, mardi soir et mercredi, à la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec.

« Mille Batailles est un spectacle, en raison de tous les mouvements exécutés, beaucoup plus exigeant que So Blue, mon avant-dernière création. C’est, comme le titre le suggère, une pièce de danse qui est assez extrême. Un spectacle d’une heure qui demande beaucoup de force », a-t-elle lancé, lors d’un entretien.

Mille batailles a été inspiré par deux personnages du roman Le Chevalier inexistant de l’auteur italien Italo Calvino, où elle explore la quête d’un chevalier et de son écuyer qui s’engagent dans des luttes philosophiques, farfelues et un peu étranges. Une oeuvre qu’elle a lue il y a une dizaine d’années.

« C’est l’idée d’un personnage de chevalier en armure qui n’existe pas, qui n’a pas de corps et de son écuyer Gourdoulou, qui est pur, plus zen et qui vit dans le moment présent et en harmonie avec tout ce qu’il y a autour de lui. Il est tout l’inverse du chevalier », a-t-elle fait remarquer.

À la limite

Louise Lecavalier tenait à reproduire tout ce qu’elle avait trouvé lors des étapes de création de ce spectacle qu’elle présente en duo avec le danseur canadien Robert Abubo et le musicien Antoine Berthiaume.

Elle souhaitait ne pas tomber dans la redite et explorer de nouvelles façons de bouger. La danseuse-chorégraphe a créé Mille batailles en se filmant et en s’observant dans un miroir.

« J’étais à bonne distance et ce que je voyais, c’était des personnages bouger. Je ne me reconnaissais pas trop. Les images et les mouvements, au fil des séances de travail, se sont précisés et cela a amené une chorégraphie un peu plus graphique visuellement que celle de mon spectacle So Blue », a expliqué Louise Lecavalier.

La danseuse et chorégraphe, qui précise être dans une très bonne forme physique, avoue avoir poussé la machine un peu trop loin lorsqu’elle a commencé à s’entraîner pour Mille batailles.

« C’est une chose de trouver les mouvements et les éléments de chorégraphie. Il faut ensuite les danser et avec des chevaliers et des batailles, il n’y a pas beaucoup d’abandon », a-t-elle fait remarquer.

Louise Lecavalier s’est mise à courir et elle s’est blessée à la cheville. Une blessure qu’elle associe à un surentraînement.

« J’étais déjà à la limite. S’entraîner plus, c’est aussi se fatiguer plus. Ce sont des erreurs que l’on fait et que l’on refait de temps à autre. On n’apprend pas toujours de nos erreurs. J’ai trouvé la bonne forme avec le temps et au fil des représentations. Plus je fais ce spectacle, plus je deviens en forme », a-t-elle expliqué.[ … ]

 

Mille batailles est présenté mardi soir et mercredi les 12 et 13 décembre, à 20h, à la salle Octave-Crémazie au Grand Théâtre de Québec.